Le petit ami crustacé est colérique
Il a mis les couleurs en rixe.
Il a mis les mots en pot-au-feu.
Il a tout emmêlé, sa mauvaise humeur et son plaisir d'écrire.
Il a tout massacré, ses amis virtuels étouffés par de vieilles dentelles.
Il a tout cassé, ses couloirs, ses fumoirs, ses casseroles... c'est pas drôle.
C'est un crabe aux faux cils.
C'est un crabe qui est marteau.
Il a tout faux... il est bête...
C'est pas faux !
auteurs : Fuligineuse, Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
jeudi 15 mars 2007
Busportrait du petit ami crustacé
Il fumait des pamplemousses gris
S’humectait de vers jolis
S’hydratait de seau de pluie
Et ronflait comme un hamster, terre à terre.
Il portait des pullovers bleus
Il avait souvent les bleus
Et n'aimait pas rire jaune.
Le petit ami crustacé dansait comme un pop-corn
Parlait avec une orange mécanique dans la douche
Ne sortait du bain que pour prendre une bouche
Qu'il maltraitait et marquait au fer rouge.
S'il partait un jour se mettre au vert
Il en profiterait pour écrire des vers
Et pour écluser quelques petits verres
De vin rosé comme tes joues.
auteurs : Fuligineuse, Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
S’humectait de vers jolis
S’hydratait de seau de pluie
Et ronflait comme un hamster, terre à terre.
Il portait des pullovers bleus
Il avait souvent les bleus
Et n'aimait pas rire jaune.
Le petit ami crustacé dansait comme un pop-corn
Parlait avec une orange mécanique dans la douche
Ne sortait du bain que pour prendre une bouche
Qu'il maltraitait et marquait au fer rouge.
S'il partait un jour se mettre au vert
Il en profiterait pour écrire des vers
Et pour écluser quelques petits verres
De vin rosé comme tes joues.
auteurs : Fuligineuse, Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
mercredi 14 mars 2007
Le petit ami crustacé si…
Le petit ami crustacé
S’il en avait eu
Il aurait caché ses orteils
Qui alors pueraient la marée
Le petit ami crustacé
S’il en avait eu
Il aurait caché ses ongles
De peur de les couper pendant son sommeil.
Le petit ami crustacé
S’il en avait eu
Il aurait caché ses soucis
Sous un tas de sable gluant.
Il aurait caché ses mystères
Sous ses petits frères.
Il aurait caché sa foi
Sous son désarroi.
Il aurait caché la misère
Sous un tas de croix.
Il aurait brûlé le tout
Sous un air doux
Mais il n’a rien de tout cela
Il est juste en haut du panier… là !
auteur: Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
S’il en avait eu
Il aurait caché ses orteils
Qui alors pueraient la marée
Le petit ami crustacé
S’il en avait eu
Il aurait caché ses ongles
De peur de les couper pendant son sommeil.
Le petit ami crustacé
S’il en avait eu
Il aurait caché ses soucis
Sous un tas de sable gluant.
Il aurait caché ses mystères
Sous ses petits frères.
Il aurait caché sa foi
Sous son désarroi.
Il aurait caché la misère
Sous un tas de croix.
Il aurait brûlé le tout
Sous un air doux
Mais il n’a rien de tout cela
Il est juste en haut du panier… là !
auteur: Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Les placards du nouveau nouvel âge
Aujourd’hui le grand bobo
N’a plus le temps de prendre le métro,
Plus le temps d’écouter la radio,
Plus le temps de faire le beau,
Aujourd’hui c’est perfecto crado
Et collage d’affiches autobiodégradables écolos.
auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
N’a plus le temps de prendre le métro,
Plus le temps d’écouter la radio,
Plus le temps de faire le beau,
Aujourd’hui c’est perfecto crado
Et collage d’affiches autobiodégradables écolos.
auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
mardi 13 mars 2007
Sommeil gonflé à l'hélium
Le soleil a été parachuté au centre de la forêt comme un disque de bronze épanoui. Les musaraignes en sont restées pantoises. Il s'est étiré langoureusement et a déplié ses bras articulés qui atteignaient jusqu'à la lisière de la plaine. En pleine éclosion de bourgeons prématurés, celle-ci a explosé en cris hachurés jusqu'à ce que le tambour de ville annonce la nouvelle. Une troupe de dresseurs de maïs et de planteurs de tigres s'est aussitôt dirigée en procession vers le bois qui rayonnait en immersion totale dans l'épiphanie de son rouleau de printemps. Avec eux venaient des musiciens sautillants qui tiraient de leurs instruments imperméables des sons acidulés pour réveiller les marmottes et les homards thermidor.
Le plaisir continue sous un cercle de lumière rayonnant de mille feux attendri par un avion volé la nuit par d’inter-minables soldes. De toutes manières il venait d’être écrasé par une chute de prières enchantées poussées par un pilote hargneux à l’égard de lest. Ce dernier a démissionné lorsqu’il vit, éclairé par un clignoteur défectueux, son anamnèse personnelle sponsorisée par de grandes marques de médicamenteurs comme des arracheurs dedans une remise de nuit. Il préféra conduire un vague aéroglisseur qui lui permettait d’alpaguer une pêcheuse mal fichue et un avocat à la double nationalité sans fraise et petit-suisse naturalisé par un taxi d’Hermiste au demeurant seul capable d’illuminer les intermédiaires publicitaires.
Ce foyer qui rayonne de tous ses tentacules participatifs ne pourrait pas exister sans les écureuils qui, tournant sans arrêt dans leur cage de Faraday, lui fournissent son énergie. Les écureuils sont eux-mêmes alimentés par les gardiens du temple qui passent chaque matin avec leurs grands sacs Hoche pleins de noisettes en chantant des ballades irlandaises. Les gardiens vont ensuite déjeuner tous ensemble chez Dubuisson. L'après-midi ils s'occupent des tigres qui sont beaucoup plus exigeants que les écureuils. Les tigres aiment particulièrement les sorbets et la sorbetière tourne à temps complet pour eux à la buvette de l'Assemblée Nationale. Ostensiblement, insensiblement, irrémédiablement, le fleuve entraîne notre lenteur langoureuse vers les rapides qui se retournent dans leur sommeil hivernal.
Les eaux s’agitent parce qu’il était une fois un conteur qui était arrivé une fois, et ce sera l’unique fois, au pays des contes de fées. Il y perdit sa patience, ses mots-valises, ses fuseaux horaires, son omniabsence, son archemin. Il y retrouva la vie, une vieille connaissance. Ils se sont rencontrés lors d’une soirée matinale. Du haut du talon, il aperçut un écueil volant qui dansait comme un ventre. Un cou de pied (je veux dire une cheville) gonfla comme un univers en expansion touchée par sa veuve. Il sautilla, il sautilla, mais pas moyen d’éloigner son enflure. Il s’assit dessus et mangea un piège à boulanger. C’est ainsi qu’il guérit et propagea la bonne nouvelle selon laquelle il en était fini de la mort. Il ne comprit pas que la mort pour rester en vie ne devait pas tuer tout le monde en même temps. Depuis ce jour, pour parler, ce conteur dut apprendre une langue agonisante.
Du coup, le conteur a été remis à zéro. Parfois il s'efforce en vain de remonter les pendules et de descendre les flammes, mais très vite il préfère laisser tomber. Il rôde dans des musées désaffectés, dans des églises transformées en boites de jour, dans des magasins de mitrailleuses. Il mange des tartines de colportage. Ses cheveux ont tellement poussé qu'ils font trois fois le tour de la maison. Il est régulièrement invité dans des poires-conférences pour y dire des contes de vits et de maures. Sa renommée dépasse les frontières de la fiction et s'étend jusque dans les espaces virtuels où les fractales se composent et se décomposent en de gracieux balais aquatiques.
auteurs : Fuligineuse, Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Le plaisir continue sous un cercle de lumière rayonnant de mille feux attendri par un avion volé la nuit par d’inter-minables soldes. De toutes manières il venait d’être écrasé par une chute de prières enchantées poussées par un pilote hargneux à l’égard de lest. Ce dernier a démissionné lorsqu’il vit, éclairé par un clignoteur défectueux, son anamnèse personnelle sponsorisée par de grandes marques de médicamenteurs comme des arracheurs dedans une remise de nuit. Il préféra conduire un vague aéroglisseur qui lui permettait d’alpaguer une pêcheuse mal fichue et un avocat à la double nationalité sans fraise et petit-suisse naturalisé par un taxi d’Hermiste au demeurant seul capable d’illuminer les intermédiaires publicitaires.
Ce foyer qui rayonne de tous ses tentacules participatifs ne pourrait pas exister sans les écureuils qui, tournant sans arrêt dans leur cage de Faraday, lui fournissent son énergie. Les écureuils sont eux-mêmes alimentés par les gardiens du temple qui passent chaque matin avec leurs grands sacs Hoche pleins de noisettes en chantant des ballades irlandaises. Les gardiens vont ensuite déjeuner tous ensemble chez Dubuisson. L'après-midi ils s'occupent des tigres qui sont beaucoup plus exigeants que les écureuils. Les tigres aiment particulièrement les sorbets et la sorbetière tourne à temps complet pour eux à la buvette de l'Assemblée Nationale. Ostensiblement, insensiblement, irrémédiablement, le fleuve entraîne notre lenteur langoureuse vers les rapides qui se retournent dans leur sommeil hivernal.
Les eaux s’agitent parce qu’il était une fois un conteur qui était arrivé une fois, et ce sera l’unique fois, au pays des contes de fées. Il y perdit sa patience, ses mots-valises, ses fuseaux horaires, son omniabsence, son archemin. Il y retrouva la vie, une vieille connaissance. Ils se sont rencontrés lors d’une soirée matinale. Du haut du talon, il aperçut un écueil volant qui dansait comme un ventre. Un cou de pied (je veux dire une cheville) gonfla comme un univers en expansion touchée par sa veuve. Il sautilla, il sautilla, mais pas moyen d’éloigner son enflure. Il s’assit dessus et mangea un piège à boulanger. C’est ainsi qu’il guérit et propagea la bonne nouvelle selon laquelle il en était fini de la mort. Il ne comprit pas que la mort pour rester en vie ne devait pas tuer tout le monde en même temps. Depuis ce jour, pour parler, ce conteur dut apprendre une langue agonisante.
Du coup, le conteur a été remis à zéro. Parfois il s'efforce en vain de remonter les pendules et de descendre les flammes, mais très vite il préfère laisser tomber. Il rôde dans des musées désaffectés, dans des églises transformées en boites de jour, dans des magasins de mitrailleuses. Il mange des tartines de colportage. Ses cheveux ont tellement poussé qu'ils font trois fois le tour de la maison. Il est régulièrement invité dans des poires-conférences pour y dire des contes de vits et de maures. Sa renommée dépasse les frontières de la fiction et s'étend jusque dans les espaces virtuels où les fractales se composent et se décomposent en de gracieux balais aquatiques.
auteurs : Fuligineuse, Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Camille de Carnabie
(1938- )
Cette poétesse est davantage connue pour ses deux essais féministes que pour ses poèmes. Sa virulence se déchaîne aussi bien contre les hommes dominateurs que contre les femmes soumises. Son premier essai, publié en 1967, intitulé Refellation autoanalyse la découverte de son homosexualité. À cette date elle avait su user d’ironie et le ton était très enjoué malgré la description crue de sa jeunesse marquée par une situation difficile à assumer. « Le 18 mars 1966 j’ai eu la révélation de mon homosexualité comme d’autres ont eu la révélation de leur foi religieuse, alors qu’elle était en moi avant même ma naissance et que je n’arrivais pas à admettre à cause du moule culturel imposé par la société pour se maintenir. »
Elle divorça dès que possible sans révéler à son mari son homosexualité pour deux raisons. La première était d’obtenir la garde de ses trois filles qu’elle adorait. La deuxième raison était de ne pas tuer son mari psychologiquement en lui ‘’avouant’’ qu’en plus d’être trompé pour une histoire sans lendemain, il l’avait été à cause d’une femme. Mais le bonhomme était plus solide que prévu. Il se remit de son trouble puis il se mit à harceler Camille de Carnabie non pour qu’elle revienne dans ses bras mais pour lui faire payer cette rupture. Ainsi il faisait exprès chaque jour de la croiser en compagnie d’une nouvelle femme. C’est pour le punir qu’elle écrivit son essai en parlant d’elle à la première personne. Elle révéla les moindres défauts de son mari ainsi que les expériences sexuelles qu’elle s’était forcée à accepter dans la naïveté de son inexpérience. Après avoir eu de nombreuses conquêtes masculines, elle se rendit compte qu’elle ne se sentait bien que dans les bras d’une femme.
Son deuxième essai, La femme phallique, est plus récent. Il a paru en 1983. Cette fois elle témoigne à la place des prostituées proprement dites et pour les prostituées inavouées que sont les femmes qui de nos jours sont encore obligées de se soumettre à leur mari alors qu’elles travaillent, gagnent moins d’argent à qualification égale, s’occupe encore majoritairement des enfants et des tâches ménagères, malgré de faibles progrès. « L’homme a attendu l’invention de la machine à laver pour commencer à s’occuper de laver le linge. L’homme attendra-t-il le robot amoureux pour assouvir sa femme ? » Après cet essai aigri, elle sombra dans une décadence et une dépression l’empêchant de poursuivre sa passion qui était depuis sa jeunesse d’écrire de nouveaux poèmes. Elle renia même ses plus beaux vers et surtout celui-ci qu’elle fustigea dans La femme phallique : « Tu seras toute ma vie et ma dernière seconde. » et qu’elle mit en tête de ses anciens poèmes reniés publiés en 1985 sous le titre Paroles mortelles.
Elle vit de nos jours avec Claude Barbotin (sœur d'Élvira Leokadich, elle fut la belle-sœur de l’écrivain Pierre-Antoine Leokadich ) qui joua un rôle non négligeable dans l’éducation des trois filles de Camille de Carnabie.
auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Cette poétesse est davantage connue pour ses deux essais féministes que pour ses poèmes. Sa virulence se déchaîne aussi bien contre les hommes dominateurs que contre les femmes soumises. Son premier essai, publié en 1967, intitulé Refellation autoanalyse la découverte de son homosexualité. À cette date elle avait su user d’ironie et le ton était très enjoué malgré la description crue de sa jeunesse marquée par une situation difficile à assumer. « Le 18 mars 1966 j’ai eu la révélation de mon homosexualité comme d’autres ont eu la révélation de leur foi religieuse, alors qu’elle était en moi avant même ma naissance et que je n’arrivais pas à admettre à cause du moule culturel imposé par la société pour se maintenir. »
Elle divorça dès que possible sans révéler à son mari son homosexualité pour deux raisons. La première était d’obtenir la garde de ses trois filles qu’elle adorait. La deuxième raison était de ne pas tuer son mari psychologiquement en lui ‘’avouant’’ qu’en plus d’être trompé pour une histoire sans lendemain, il l’avait été à cause d’une femme. Mais le bonhomme était plus solide que prévu. Il se remit de son trouble puis il se mit à harceler Camille de Carnabie non pour qu’elle revienne dans ses bras mais pour lui faire payer cette rupture. Ainsi il faisait exprès chaque jour de la croiser en compagnie d’une nouvelle femme. C’est pour le punir qu’elle écrivit son essai en parlant d’elle à la première personne. Elle révéla les moindres défauts de son mari ainsi que les expériences sexuelles qu’elle s’était forcée à accepter dans la naïveté de son inexpérience. Après avoir eu de nombreuses conquêtes masculines, elle se rendit compte qu’elle ne se sentait bien que dans les bras d’une femme.
Son deuxième essai, La femme phallique, est plus récent. Il a paru en 1983. Cette fois elle témoigne à la place des prostituées proprement dites et pour les prostituées inavouées que sont les femmes qui de nos jours sont encore obligées de se soumettre à leur mari alors qu’elles travaillent, gagnent moins d’argent à qualification égale, s’occupe encore majoritairement des enfants et des tâches ménagères, malgré de faibles progrès. « L’homme a attendu l’invention de la machine à laver pour commencer à s’occuper de laver le linge. L’homme attendra-t-il le robot amoureux pour assouvir sa femme ? » Après cet essai aigri, elle sombra dans une décadence et une dépression l’empêchant de poursuivre sa passion qui était depuis sa jeunesse d’écrire de nouveaux poèmes. Elle renia même ses plus beaux vers et surtout celui-ci qu’elle fustigea dans La femme phallique : « Tu seras toute ma vie et ma dernière seconde. » et qu’elle mit en tête de ses anciens poèmes reniés publiés en 1985 sous le titre Paroles mortelles.
Elle vit de nos jours avec Claude Barbotin (sœur d'Élvira Leokadich, elle fut la belle-sœur de l’écrivain Pierre-Antoine Leokadich ) qui joua un rôle non négligeable dans l’éducation des trois filles de Camille de Carnabie.
auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Elvira Leokadich
(1940-)
Née Pauline Barbotin, cette femme qui n'est que la fille de Félicien Barbotin et d’Évelyne Pouillot, se serait voulue d'origine portugaise et descendante d'un homme illustre. Aussi se fit–elle appeler Elvira dès ses 8 ans.
Elle épousa Pierre-Antoine Leokadich en 1961 le jour de ses 21 ans. Dès cette date elle devient la secrétaire personnelle de son mari et son agent littéraire. Lors d’un entretien radiophonique consacré à son mari et diffusé dans "Une vie, une œuvre" sur France-Culture en janvier 1997 pour commémorer les vingt ans de sa mort, elle a précisé qu’elle préparait un dictionnaire exclusivement réservé à ses différents pseudonymes, nouvelles, personnages et autres noms propres utilisés ou inventés, styles, expressions, néologismes…
Elvira Leokadich vient de publier en février 2007 le journal intime de son propre père : Les cahiers de l'horloge assoiffée, aux Éditions du Pic Épeiche, où l’on découvre le regard jubilatoire d'un homme étonnant sur sa propre vie d’une banalité déconcertante.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Née Pauline Barbotin, cette femme qui n'est que la fille de Félicien Barbotin et d’Évelyne Pouillot, se serait voulue d'origine portugaise et descendante d'un homme illustre. Aussi se fit–elle appeler Elvira dès ses 8 ans.
Elle épousa Pierre-Antoine Leokadich en 1961 le jour de ses 21 ans. Dès cette date elle devient la secrétaire personnelle de son mari et son agent littéraire. Lors d’un entretien radiophonique consacré à son mari et diffusé dans "Une vie, une œuvre" sur France-Culture en janvier 1997 pour commémorer les vingt ans de sa mort, elle a précisé qu’elle préparait un dictionnaire exclusivement réservé à ses différents pseudonymes, nouvelles, personnages et autres noms propres utilisés ou inventés, styles, expressions, néologismes…
Elvira Leokadich vient de publier en février 2007 le journal intime de son propre père : Les cahiers de l'horloge assoiffée, aux Éditions du Pic Épeiche, où l’on découvre le regard jubilatoire d'un homme étonnant sur sa propre vie d’une banalité déconcertante.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Histoire de Claude Barbotin, photographe
Née en 1943, la fille cadette de Félicien Barbotin fut dès son plus jeune âge un garçon manqué. Alors que sa sœur aînée Pauline se rebaptisait Elvira et s’inventait un destin romanesque (qu’elle devait réaliser en épousant un intellectuel connu, Pierre-Antoine Leokadich), Claude ne rêvait que plaies et bosses. Elle réagissait vivement à la ségrégation entre garçons et filles qui régnait à cette époque dans les écoles et aurait voulu être inscrite dans une classe de garçons.
Au début des années 60, après avoir bourlingué quelque temps en Europe, puis au Canada et aux Etats-Unis, en pleine période beatnik, Claude Barbotin rencontra le photographe vénézuélien José Maria Henriquez Celanardo et ce fut une révélation. Elle apprit de lui les rudiments de la technique photographique et commença à s’exercer sur la sculpture et l’architecture à Caracas. Revenue en France peu avant ses trente ans, elle fit de la photographie son gagne-pain et s’imposa comme photographe du patrimoine dans des missions officielles. Elle travaille toujours en noir et blanc et avec une grande précision, préparant ses expéditions photographiques avec une grande minutie.
Les deux sœurs sont plus ou moins brouillées, Claude n’ayant pas caché à son entourage que le personnage joué par Elvira de « veuve de grand homme » lui semblait exaspérant. Elle-même vit avec une autre femme, une poétesse dépressive et décadente, Camille de Carnabie.
auteur: Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Au début des années 60, après avoir bourlingué quelque temps en Europe, puis au Canada et aux Etats-Unis, en pleine période beatnik, Claude Barbotin rencontra le photographe vénézuélien José Maria Henriquez Celanardo et ce fut une révélation. Elle apprit de lui les rudiments de la technique photographique et commença à s’exercer sur la sculpture et l’architecture à Caracas. Revenue en France peu avant ses trente ans, elle fit de la photographie son gagne-pain et s’imposa comme photographe du patrimoine dans des missions officielles. Elle travaille toujours en noir et blanc et avec une grande précision, préparant ses expéditions photographiques avec une grande minutie.
Les deux sœurs sont plus ou moins brouillées, Claude n’ayant pas caché à son entourage que le personnage joué par Elvira de « veuve de grand homme » lui semblait exaspérant. Elle-même vit avec une autre femme, une poétesse dépressive et décadente, Camille de Carnabie.
auteur: Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
lundi 12 mars 2007
Paulinius Zénoble Péliguon (version 1.3)
(février 1448 – 11 février 1501)
Sa vie
Né à Gravelines près de Calais, cet humaniste athée fut le dernier membre important de la guilde des Copistes Lumineux. Il était issu d’une famille de pêcheurs. Malgré son absence de foi, son père lui ordonna d’utiliser au mieux sa curiosité d’esprit et sa grande mémoire. À contrecoeur, préférant rester auprès de sa mère, il devint moine à l’abbaye de Saint-Riquier. Il y fit connaissance d’Astermille qui lui apprit l’existence de la guilde des Copiste Lumineux. Sous l’influence de ce Haut Maître il devint bientôt un de ses plus actifs adeptes en recopiant chaque nuit des œuvres d’auteurs qui lui étaient inconnus. Il quitta ce lieu en 1473, date de la construction d’un palais abbatial qui symbolisait à ses yeux l’opulence infertile des abbés et des moines plus centrés sur leur confort que sur l’érudition. Il alla rendre visite à sa mère qu’il n’avait pas vue depuis des années. Elle avait tant vieilli qu’il ne la reconnut pas au premier coup d’œil. Le connaissant par cœur, elle lui fit promettre de conserver son petit air moqueur et sa soif de savoir. Elle lui donna une bourse bien remplie afin qu’il aille étudier à l’université de Paris. Il préféra Oxford, où il arriva en 1474.
Péliguon a entamé une œuvre à jamais inachevée qui se voulait la description la plus fidèle possible de Lectoris, une ville d’environ dix mille habitants dont il a commencé à détailler l’histoire familiale de ses principaux représentants et figures marquantes. Il ressort de ses écrits que cette ville qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs. Officiellement une épidémie locale d'ergotisme décima sa population en 1233, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville. Paulinius Zénoble Péliguon était un des rares à accorder crédit à cette thèse qu’il étaya jusqu’à sa mort, alors que la plupart des savants de l’époque, sous l’influence de Guillaume Budé, affirmèrent qu’il s’agissait d’un empoisonnement de grande envergure. Cette théorie du complot horripilait Péliguon qui allait à contre-courant en contredisant Budé et même Érasme sur la symbolique des œuvres de Pinclor.
Péliguon considérait Pinclor comme un auteur majeur de l’Antiquité. Il dénichait le moindre écrit portant le nom de ce polygraphe grec. Ainsi tout ce que nous savons aujourd’hui de Pinclor, nous le devons aux ouvrages que Péliguon a publiés de son vivant. Ce dernier mourut bien avant ses contradicteurs leur laissant la possibilité d’imposer leurs suppositions à l’ensemble des érudits de l’époque et jusqu’à nos jours. En 1503 sa seule et unique fille, Zénobie, mourut et perdit une grande partie des écrits de son père, notamment les ouvrages que celui-ci avait collationnés, alors qu’elle traversait la Manche dans le but d’éduquer Henri VIII, héritier du trône d’Angleterre.
À partir des quelques textes de Péliguon qui nous sont parvenus, le comte d'origine polonaise Wojciech Leokadich, qui avait racheté en 1889 l'essentiel des bâtiments restants sur le site abandonné de Lectoris, établit des plans détaillés pour reconstruire la ville et lui redonner sa splendeur passée. Il s'est appuyé notamment sur le mémoire intitulé Description fidèle et complète de la grande et noble cité de Lectoris en Thiérache pour servir à l'éducation des peuples à venir, que Péliguon écrivit vers 1498. A son tour le fils de Wojciech Leokadich, Pierre-Antoine (1907-1977), étudia l'oeuvre de Péliguon mais sur un plan littéraire et politique, voulant faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voir en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle.
Péliguon, comme ses prédécesseurs au sein de la guilde des Copiste Lumineux, voyait en Lectoris la ville d’où aurait dû et pu jaillir un bien-être futur. Cette concentration d’érudits résidant sur place ou de passage favorisait un brassage des cultures et permettait de se pencher sur des questions de tout ordre, même religieux. Péliguon fut consterné d’apprendre que la mort des habitants de Lectoris, au lieu de donner un second souffle à cet idéal, ne fit que renforcer la superstition qu’il savait avoir été renforcée par l’Église. Il ne se doutait pas que sa propre mort aboutirait au paroxysme de ce phénomène.
L’originalité de Péliguon fut de tenter de comprendre, clarifier, mettre en pratique et d’extrapoler les enseignements tirés des œuvres de Pinclor. C’est pour cette raison qu’il arriva à Lectoris le 11 février 1501. Lorsqu’il vit cette cité abandonnée où vécurent de nombreux savants dont les membres de sa guilde, il fondit en larmes. « Le Grand Œuvre est là ! » aurait-il dit, nous a rapporté son disciple nommé Lavoulette. Ce dernier décrit aussi sa propre peur devant ces ruines envahies par les buissons, les arbres et toutes sortes de cris d’animaux. Pétrifié d’effroi, Lavoulette laissa Péliguon avancer, accompagné de ses deux seuls ânes qui tiraient ses affaires et refusaient de se frotter aux ronces. Alors Péliguon décida de tirer lui-même la carriole. La caisse qu’il déchargea, emplie de ses écrits, l’écrasa de tout son poids. Lavoulette propagea la nouvelle, ce qui mit fin à l’existence de la guilde des Copiste Lumineux.
Son œuvre
À Oxford, Péliguon étudia l’histoire de sa guilde et répertoria ses nombreux apports directs ou indirects aux mondes des lettres, surtout avant l'hécatombe de 1233. Ensuite, sous l’effet des persécutions inquisitoriales, la guilde périclita malgré de grandes figures. Peu de documents hormis ceux mêmes de la guilde y faisaient encore référence. Péliguon projetait de redonner à sa guilde un élan décisif qui ne pourrait plus être balayé par un drame unique. Il misait beaucoup sur l’opportunité de pouvoir correspondre régulièrement avec les différents derniers copistes lumineux. Son intention se voulait en deux temps. D’abord redonner vie à Lectoris afin de bien montrer le retour de la puissance organisatrice de la guilde et amener de nouveaux adeptes. Et en second, développer les échanges entre les différents copistes et ne plus mettre Lectoris au centre. Chaque copiste deviendrait une partie d’un tout, et si l’un d’eux cessait de jouer son rôle pour une raison ou pour une autre, l’édifice y résisterait sans dommage. Le copiste défectueux serait vite remplacé au même endroit ou ailleurs.
Péliguon voulait aussi créer une science des parchemins et de leur classement malgré leur dispersion. Il nommait cette science l’ordopergaminutie. Il voulait que le moindre texte soit répertorié et que chaque membre de la guilde sache où en trouver un exemplaire, s’il était possible et nécessaire d’en faire une copie, à quel prix et en combien de temps. Il clarifia les nombreuses remarques du Haut Maître Valechon cachées sous un flux constant de tournures ennuyeuses et inutiles.
Un autre problème auquel s’attaqua Péliguon, au moins de façon théorique, fut le rapport des parchemins à l’argent. Il théorisa sur l’éventuelle nécessité et l’utilité de rémunérer les copistes afin de mieux les convaincre alors que le nombre d’adeptes de sa guilde diminuait d’années en années. Il interrogea de nombreux copistes afin de connaître leurs motivations. Il conclut qu’il serait judicieux de leur payer les frais liés à l’acquisition de parchemins de qualité car beaucoup de ceux qui passaient entre ses mains n’étaient que des palimpsestes dont certains étaient si usés qu’ils devenaient illisibles. La qualité de l’encre était aussi en jeu. Le transport posait parfois problème mais Péliguon ne pouvait souffrir des délais d’acheminement qui se comptaient parfois en années. Toujours dans un souci de qualité, il se questionnait également sur la rétribution des heures nécessaires aux copistes. Mais avec quel argent ? Les dons et la lecta (sorte de contribution imposée à chaque membre de la guilde des Copiste Lumineux au prorata de l’aisance de chacun, instaurée en 1258 par Jacques Galustre lors de la promulgation de la charte de la Grande Connivence) ne pouvaient suffire. D’autant plus que pour Péliguon comme pour ses prédécesseurs, Lectoris devait demeurer la priorité.
C'est cette inventivité qui lui permit, en succédant à Astermille, d’accéder au grade de Haut Maître en 1476 alors qu’il n’avait encore que 28 ans. Il devint donc le plus jeune Haut Maître de l’histoire de la guilde des Copistes Lumineux. Cela est dû, d’après certains historiens qui n’apprécient ni la personnalité de Péliguon ni son œuvre, au déclin de la guilde, à son nombre très réduit d’adeptes et à l’influence d’Astermille qui le considérait comme son fils. Il est vrai que cette confrérie acquérait des traits de plus en plus monarchiques. Péliguon voulait lutter contre cette forme de dégénérescence mais à sa mort, il n’avait toujours pas résolu le problème de la meilleure gouvernance de la guilde. Il avait étudié les classiques grecs et romains ainsi que quelques rares documents phéniciens qui donnaient des informations sur les qualités des différents régimes politiques. Péliguon aurait voulu faire de la guilde et de Lectoris les exemples à suivre d’organisations utiles au vivre ensemble.
Le plus grand reproche fait à Péliguon de son vivant et jusqu’à nos jours fut son incapacité à prévoir les effets de l’imprimerie alors que lui-même avait publié plusieurs de ses œuvres à l’aide de cette nouvelle technique. Il est vrai que rien ne prouve qu’il fut l’instigateur de ces publications. Son disciple Lavoulette ne nous apprend rien sur ce sujet. D’après les plans dont il est l’auteur, il semblerait que Péliguon n’envisageait pas la création d’une imprimerie au sein de Lectoris. Peut-être que ce n’est pas sa mort qui mit fin à l’utopie effleurée par la guilde des Copistes Lumineux mais plutôt un manque d’innovations en profondeur. Il est vrai que parmi les dizaines de milliers de copistes que compta la confrérie au fil des ans, aucun ne prit la peine d’essayer d’améliorer la qualité et la quantité des copies à l'aide de nouvelles techniques. Malgré de si grands talents, personne n’eut la présence d’esprit de créer cette machine révolutionnaire alors qu'il est évident que dès le XIIIe siècle certains membres qui partaient dans des contrées éloignées au péril de leur vie ont dû prendre connaissance de l’existence de la xylographie asiatique.
auteurs : Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Sa vie
Né à Gravelines près de Calais, cet humaniste athée fut le dernier membre important de la guilde des Copistes Lumineux. Il était issu d’une famille de pêcheurs. Malgré son absence de foi, son père lui ordonna d’utiliser au mieux sa curiosité d’esprit et sa grande mémoire. À contrecoeur, préférant rester auprès de sa mère, il devint moine à l’abbaye de Saint-Riquier. Il y fit connaissance d’Astermille qui lui apprit l’existence de la guilde des Copiste Lumineux. Sous l’influence de ce Haut Maître il devint bientôt un de ses plus actifs adeptes en recopiant chaque nuit des œuvres d’auteurs qui lui étaient inconnus. Il quitta ce lieu en 1473, date de la construction d’un palais abbatial qui symbolisait à ses yeux l’opulence infertile des abbés et des moines plus centrés sur leur confort que sur l’érudition. Il alla rendre visite à sa mère qu’il n’avait pas vue depuis des années. Elle avait tant vieilli qu’il ne la reconnut pas au premier coup d’œil. Le connaissant par cœur, elle lui fit promettre de conserver son petit air moqueur et sa soif de savoir. Elle lui donna une bourse bien remplie afin qu’il aille étudier à l’université de Paris. Il préféra Oxford, où il arriva en 1474.
Péliguon a entamé une œuvre à jamais inachevée qui se voulait la description la plus fidèle possible de Lectoris, une ville d’environ dix mille habitants dont il a commencé à détailler l’histoire familiale de ses principaux représentants et figures marquantes. Il ressort de ses écrits que cette ville qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs. Officiellement une épidémie locale d'ergotisme décima sa population en 1233, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville. Paulinius Zénoble Péliguon était un des rares à accorder crédit à cette thèse qu’il étaya jusqu’à sa mort, alors que la plupart des savants de l’époque, sous l’influence de Guillaume Budé, affirmèrent qu’il s’agissait d’un empoisonnement de grande envergure. Cette théorie du complot horripilait Péliguon qui allait à contre-courant en contredisant Budé et même Érasme sur la symbolique des œuvres de Pinclor.
Péliguon considérait Pinclor comme un auteur majeur de l’Antiquité. Il dénichait le moindre écrit portant le nom de ce polygraphe grec. Ainsi tout ce que nous savons aujourd’hui de Pinclor, nous le devons aux ouvrages que Péliguon a publiés de son vivant. Ce dernier mourut bien avant ses contradicteurs leur laissant la possibilité d’imposer leurs suppositions à l’ensemble des érudits de l’époque et jusqu’à nos jours. En 1503 sa seule et unique fille, Zénobie, mourut et perdit une grande partie des écrits de son père, notamment les ouvrages que celui-ci avait collationnés, alors qu’elle traversait la Manche dans le but d’éduquer Henri VIII, héritier du trône d’Angleterre.
À partir des quelques textes de Péliguon qui nous sont parvenus, le comte d'origine polonaise Wojciech Leokadich, qui avait racheté en 1889 l'essentiel des bâtiments restants sur le site abandonné de Lectoris, établit des plans détaillés pour reconstruire la ville et lui redonner sa splendeur passée. Il s'est appuyé notamment sur le mémoire intitulé Description fidèle et complète de la grande et noble cité de Lectoris en Thiérache pour servir à l'éducation des peuples à venir, que Péliguon écrivit vers 1498. A son tour le fils de Wojciech Leokadich, Pierre-Antoine (1907-1977), étudia l'oeuvre de Péliguon mais sur un plan littéraire et politique, voulant faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voir en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle.
Péliguon, comme ses prédécesseurs au sein de la guilde des Copiste Lumineux, voyait en Lectoris la ville d’où aurait dû et pu jaillir un bien-être futur. Cette concentration d’érudits résidant sur place ou de passage favorisait un brassage des cultures et permettait de se pencher sur des questions de tout ordre, même religieux. Péliguon fut consterné d’apprendre que la mort des habitants de Lectoris, au lieu de donner un second souffle à cet idéal, ne fit que renforcer la superstition qu’il savait avoir été renforcée par l’Église. Il ne se doutait pas que sa propre mort aboutirait au paroxysme de ce phénomène.
L’originalité de Péliguon fut de tenter de comprendre, clarifier, mettre en pratique et d’extrapoler les enseignements tirés des œuvres de Pinclor. C’est pour cette raison qu’il arriva à Lectoris le 11 février 1501. Lorsqu’il vit cette cité abandonnée où vécurent de nombreux savants dont les membres de sa guilde, il fondit en larmes. « Le Grand Œuvre est là ! » aurait-il dit, nous a rapporté son disciple nommé Lavoulette. Ce dernier décrit aussi sa propre peur devant ces ruines envahies par les buissons, les arbres et toutes sortes de cris d’animaux. Pétrifié d’effroi, Lavoulette laissa Péliguon avancer, accompagné de ses deux seuls ânes qui tiraient ses affaires et refusaient de se frotter aux ronces. Alors Péliguon décida de tirer lui-même la carriole. La caisse qu’il déchargea, emplie de ses écrits, l’écrasa de tout son poids. Lavoulette propagea la nouvelle, ce qui mit fin à l’existence de la guilde des Copiste Lumineux.
Son œuvre
À Oxford, Péliguon étudia l’histoire de sa guilde et répertoria ses nombreux apports directs ou indirects aux mondes des lettres, surtout avant l'hécatombe de 1233. Ensuite, sous l’effet des persécutions inquisitoriales, la guilde périclita malgré de grandes figures. Peu de documents hormis ceux mêmes de la guilde y faisaient encore référence. Péliguon projetait de redonner à sa guilde un élan décisif qui ne pourrait plus être balayé par un drame unique. Il misait beaucoup sur l’opportunité de pouvoir correspondre régulièrement avec les différents derniers copistes lumineux. Son intention se voulait en deux temps. D’abord redonner vie à Lectoris afin de bien montrer le retour de la puissance organisatrice de la guilde et amener de nouveaux adeptes. Et en second, développer les échanges entre les différents copistes et ne plus mettre Lectoris au centre. Chaque copiste deviendrait une partie d’un tout, et si l’un d’eux cessait de jouer son rôle pour une raison ou pour une autre, l’édifice y résisterait sans dommage. Le copiste défectueux serait vite remplacé au même endroit ou ailleurs.
Péliguon voulait aussi créer une science des parchemins et de leur classement malgré leur dispersion. Il nommait cette science l’ordopergaminutie. Il voulait que le moindre texte soit répertorié et que chaque membre de la guilde sache où en trouver un exemplaire, s’il était possible et nécessaire d’en faire une copie, à quel prix et en combien de temps. Il clarifia les nombreuses remarques du Haut Maître Valechon cachées sous un flux constant de tournures ennuyeuses et inutiles.
Un autre problème auquel s’attaqua Péliguon, au moins de façon théorique, fut le rapport des parchemins à l’argent. Il théorisa sur l’éventuelle nécessité et l’utilité de rémunérer les copistes afin de mieux les convaincre alors que le nombre d’adeptes de sa guilde diminuait d’années en années. Il interrogea de nombreux copistes afin de connaître leurs motivations. Il conclut qu’il serait judicieux de leur payer les frais liés à l’acquisition de parchemins de qualité car beaucoup de ceux qui passaient entre ses mains n’étaient que des palimpsestes dont certains étaient si usés qu’ils devenaient illisibles. La qualité de l’encre était aussi en jeu. Le transport posait parfois problème mais Péliguon ne pouvait souffrir des délais d’acheminement qui se comptaient parfois en années. Toujours dans un souci de qualité, il se questionnait également sur la rétribution des heures nécessaires aux copistes. Mais avec quel argent ? Les dons et la lecta (sorte de contribution imposée à chaque membre de la guilde des Copiste Lumineux au prorata de l’aisance de chacun, instaurée en 1258 par Jacques Galustre lors de la promulgation de la charte de la Grande Connivence) ne pouvaient suffire. D’autant plus que pour Péliguon comme pour ses prédécesseurs, Lectoris devait demeurer la priorité.
C'est cette inventivité qui lui permit, en succédant à Astermille, d’accéder au grade de Haut Maître en 1476 alors qu’il n’avait encore que 28 ans. Il devint donc le plus jeune Haut Maître de l’histoire de la guilde des Copistes Lumineux. Cela est dû, d’après certains historiens qui n’apprécient ni la personnalité de Péliguon ni son œuvre, au déclin de la guilde, à son nombre très réduit d’adeptes et à l’influence d’Astermille qui le considérait comme son fils. Il est vrai que cette confrérie acquérait des traits de plus en plus monarchiques. Péliguon voulait lutter contre cette forme de dégénérescence mais à sa mort, il n’avait toujours pas résolu le problème de la meilleure gouvernance de la guilde. Il avait étudié les classiques grecs et romains ainsi que quelques rares documents phéniciens qui donnaient des informations sur les qualités des différents régimes politiques. Péliguon aurait voulu faire de la guilde et de Lectoris les exemples à suivre d’organisations utiles au vivre ensemble.
Le plus grand reproche fait à Péliguon de son vivant et jusqu’à nos jours fut son incapacité à prévoir les effets de l’imprimerie alors que lui-même avait publié plusieurs de ses œuvres à l’aide de cette nouvelle technique. Il est vrai que rien ne prouve qu’il fut l’instigateur de ces publications. Son disciple Lavoulette ne nous apprend rien sur ce sujet. D’après les plans dont il est l’auteur, il semblerait que Péliguon n’envisageait pas la création d’une imprimerie au sein de Lectoris. Peut-être que ce n’est pas sa mort qui mit fin à l’utopie effleurée par la guilde des Copistes Lumineux mais plutôt un manque d’innovations en profondeur. Il est vrai que parmi les dizaines de milliers de copistes que compta la confrérie au fil des ans, aucun ne prit la peine d’essayer d’améliorer la qualité et la quantité des copies à l'aide de nouvelles techniques. Malgré de si grands talents, personne n’eut la présence d’esprit de créer cette machine révolutionnaire alors qu'il est évident que dès le XIIIe siècle certains membres qui partaient dans des contrées éloignées au péril de leur vie ont dû prendre connaissance de l’existence de la xylographie asiatique.
auteurs : Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Le Mythe de Dioclétranse, d’après l’œuvre de Pinclor
Dioclétranse, un des fils d’Atlas, était le roi d’une île de taille moyenne au-delà des colonnes d’Heraclès. Il voulut agrandir son royaume qui vivait en autarcie, et plutôt que de risquer de guerroyer contre des armées plus puissantes que la sienne, il préféra agrandir son île en imposant à son peuple d’aplanir les montagnes pour en jeter les débris sur le rivage. Alors qu’il dirigeait les travaux en personne, Dioclétranse envoya à Athènes le jeune Ptéroclès, qu’il ne voulait pas voir auprès de sa fille Diagamonne, pour y apprendre des techniques efficaces qui permettraient de gagner du temps et éviter l’agonie de son peuple.
Obéissant, Ptéroclès choisit les hommes les plus habiles sur mer et arriva sans entrave à Athènes. Il s’informa auprès des savants de l’époque. Ils étaient étonnés de son manque d’érudition compensé par une capacité d’analyse hors du commun. Le moindre plan, le moindre propos lui permettait d’échafauder en quelques minutes des procédés complexes. Épris de nouveauté et de philosophie, sa passion pour Diagamonne s’estompa. Il mit de côté aussi les raisons de sa venue et rien ne pouvait apaiser sa soif d’apprendre et le bon temps qu’il passait en la compagnie de ses nouveaux amis.
Une année passa lorsque arriva un messager de Dioclétranse qui retrouva facilement Ptéroclès. Ce jour-là le messager s’attendait à découvrir qu’il était mort ou gravement malade, au lieu de cela Ptéroclès dialoguait lors d’un banquet où la joie puait l’alcool. Ptéroclès reconnut le messager, il s'agissait d'Oname, le neveu de Dioclétranse. Alors qu’Oname lui tendait le message de son père, Ptéroclès lui proposa de se joindre à eux. Personne ne put retenir la vivacité d’Oname qui emmena de force Ptéroclès à bord de son navire. Il fut attaché et Oname prit la décision de quitter la ville dès que ses hommes seraient à nouveau en état de reprendre la mer.
Le voyage du retour subit de nombreuses avaries et le bateau coula. Tous les marins moururent sauf Oname qui fut sauvé par Atlas qui l’emmena sur une l’île déserte d’Édionasse. Ptéroclès se déchaîna de rage, remonta à la surface et se transforma en une raie volante au bec crochu et aux griffes acérées. Il fondit sur son île natale, tua les hommes de Dioclétranse et libéra le peuple qui se révolta contre le palais aux gardes morts. Dioclétranse prit sa fille en otage et menaça de lui crever les yeux si personne ne prévenait Ptéroclès de la situation. La foule craignit une vengeance de Ptéroclès et lorsqu’il apprit la nouvelle, il se mit à creuser un canal coupant l’île de part en part dans le but de faire comprendre à tous que le temps de l’unité sous la contrainte était fini. Alors Dioclétranse creva les yeux de sa fille et se trancha la gorge pendant que son peuple le lapidait.
Lorsque Ptéroclès fut guérit de sa rage il entendit les plaintes de Diagamonne et comprit tout ce qu’il avait perdu. Lorsqu’il voulu rejoindre sa belle, il fut lapidé à son tour par le peuple pour sa cruauté. Alors, des familles entières se séparèrent, les uns firent de Diagamonne leur reine, et les autres traversèrent le canal afin de former une nouvelle dynastie. Mais bientôt une vague immense balaya toute vie en ce lieu et plus jamais un humain n’y posa les pieds.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Obéissant, Ptéroclès choisit les hommes les plus habiles sur mer et arriva sans entrave à Athènes. Il s’informa auprès des savants de l’époque. Ils étaient étonnés de son manque d’érudition compensé par une capacité d’analyse hors du commun. Le moindre plan, le moindre propos lui permettait d’échafauder en quelques minutes des procédés complexes. Épris de nouveauté et de philosophie, sa passion pour Diagamonne s’estompa. Il mit de côté aussi les raisons de sa venue et rien ne pouvait apaiser sa soif d’apprendre et le bon temps qu’il passait en la compagnie de ses nouveaux amis.
Une année passa lorsque arriva un messager de Dioclétranse qui retrouva facilement Ptéroclès. Ce jour-là le messager s’attendait à découvrir qu’il était mort ou gravement malade, au lieu de cela Ptéroclès dialoguait lors d’un banquet où la joie puait l’alcool. Ptéroclès reconnut le messager, il s'agissait d'Oname, le neveu de Dioclétranse. Alors qu’Oname lui tendait le message de son père, Ptéroclès lui proposa de se joindre à eux. Personne ne put retenir la vivacité d’Oname qui emmena de force Ptéroclès à bord de son navire. Il fut attaché et Oname prit la décision de quitter la ville dès que ses hommes seraient à nouveau en état de reprendre la mer.
Le voyage du retour subit de nombreuses avaries et le bateau coula. Tous les marins moururent sauf Oname qui fut sauvé par Atlas qui l’emmena sur une l’île déserte d’Édionasse. Ptéroclès se déchaîna de rage, remonta à la surface et se transforma en une raie volante au bec crochu et aux griffes acérées. Il fondit sur son île natale, tua les hommes de Dioclétranse et libéra le peuple qui se révolta contre le palais aux gardes morts. Dioclétranse prit sa fille en otage et menaça de lui crever les yeux si personne ne prévenait Ptéroclès de la situation. La foule craignit une vengeance de Ptéroclès et lorsqu’il apprit la nouvelle, il se mit à creuser un canal coupant l’île de part en part dans le but de faire comprendre à tous que le temps de l’unité sous la contrainte était fini. Alors Dioclétranse creva les yeux de sa fille et se trancha la gorge pendant que son peuple le lapidait.
Lorsque Ptéroclès fut guérit de sa rage il entendit les plaintes de Diagamonne et comprit tout ce qu’il avait perdu. Lorsqu’il voulu rejoindre sa belle, il fut lapidé à son tour par le peuple pour sa cruauté. Alors, des familles entières se séparèrent, les uns firent de Diagamonne leur reine, et les autres traversèrent le canal afin de former une nouvelle dynastie. Mais bientôt une vague immense balaya toute vie en ce lieu et plus jamais un humain n’y posa les pieds.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Première fractale
debout dans le prélude
- dont je ne veux démordre -
je commence à graver le chaos
je trace sur le cristal de fastueuses écorchures
la vision fragile se garnit d’encoches
des nuages affligés se traînent
et au milieu des épines froides
un épervier démesuré gravit
la gestation flottante qui tremble
pour démantibuler le simulacre
le corbeau délimite précisément
le coteau précaire qu’il va jouer
prostré dans le caniveau il échoue
tandis que
je secoue du haut du balcon
un baldaquin funèbre à entendre
une station balnéaire qui prétend
trier ses escaliers en spirale
d’une morne plaine éclaboussée de rires
Auteur : Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
- dont je ne veux démordre -
je commence à graver le chaos
je trace sur le cristal de fastueuses écorchures
la vision fragile se garnit d’encoches
des nuages affligés se traînent
et au milieu des épines froides
un épervier démesuré gravit
la gestation flottante qui tremble
pour démantibuler le simulacre
le corbeau délimite précisément
le coteau précaire qu’il va jouer
prostré dans le caniveau il échoue
tandis que
je secoue du haut du balcon
un baldaquin funèbre à entendre
une station balnéaire qui prétend
trier ses escaliers en spirale
d’une morne plaine éclaboussée de rires
Auteur : Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
dimanche 11 mars 2007
Le Mythe de Dérésine, d’après l’œuvre de Pinclor
Loin des dieux de l’Olympe, loin de la vie, une forme passait inaperçue, inerte comme une promesse trahie avant d’être énoncée, et absconse comme une définition de la beauté, jusqu’au jour où au sud de l’île d’Édionasse, Dérésine tomba de son cheval sur une pierre endormie. Le choc la tua et cette parfaite beauté féminine promise à tous fut pleurée par ses innombrables prétendants. Le cheval de Dérésine fut sacrifié lors de son enterrement et les autres chevaux furent abandonnés par les amoureux de la belle. Attirés par la procession interminable qui touchait à chaque passage la pierre meurtrière posée sur la magnifique stèle, quelques dieux y regardèrent de plus près. Mais trop occupés par leurs propres défis, ils avertirent les habitants déjà en peine que ce lieu serait oublié des dieux. En effet ils négligèrent cet endroit durant des siècles. Aucune prière ne sut les émouvoir. Beaucoup de jeunes hommes se tuèrent de chagrin, d’autres lors de combats pour l’honneur d’une parole trop leste à l’égard de Dérésine, d’autres par ennui, d’autres pour la rejoindre. Aucun ne sut entrer en son contact.
Les années passèrent, et à mesure que mouraient tous ceux qui l’avaient connue, la tombe de Dérésine devenait de plus en plus un lieu à éviter. Lorsque son dernier prétendant, plutôt que de mourir de vieillesse, préféra se fracasser le crâne sur la maudite pierre coupable de tant de malheurs, la population comprit enfin les dieux et se détourna elle aussi de cet endroit. Plus les années passaient, plus le cercle à éviter entourant la tombe de Dérésine grandissait. Puis l’île entière fut abandonnée. Puis ce fut aux îles aux alentours de subir le même sort. Seuls les animaux demeurèrent sur place et ils proliférèrent. Les hommes furent vite oubliés et les chevaux régnèrent en maîtres. Sur l’île d’Édionasse, les équidés se relayaient chaque jour autour de la tombe de Dérésine. Ils usaient la stèle en évitant soigneusement la pierre incriminée. Ensuite ils creusèrent avec leurs sabots jusqu’à atteindre le corps de Dérésine qui, nu, resplendissait de sa beauté intacte. Elle se releva et regarda les chevaux s’éloigner pendant que son ancienne monture, morte le même jour qu’elle, prenait forme et s’agenouillait afin qu’elle puisse s’asseoir sur son dos. Au galop, elle adorait sentir le vent s’essouffler dans sa chevelure et elle plongeait avec bonheur dans l’eau salée avant de se sécher allongée sur le sable fin.
Lorsqu’un bateau s’échouait sur les côtes d’Édionasse, Dérésine aidée par son cheval venait porter secours aux survivants. Malgré sa nudité, personne n’osait la convoiter, à cause du regard qu’elle pouvait lancer et surtout parce que son cheval la protégeait de tout inconvenant. Nul ne voulait plus quitter l’île mais au fil des ans, elle retrouva une population humaine importante. L’endroit devint trop petit et les premières embarcations depuis bien longtemps furent construites. Se sentant abandonnée, Dérésine, montée sur son fidèle cheval, longea longuement la côte puis elle descendit, l’embrassa et s’enfonça dans la mer. Alors que le cheval la rattrapait, les yeux dans les yeux ils se diluèrent dans l’eau à jamais, et la forme inerte et absconse retrouva son inexistence.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Les années passèrent, et à mesure que mouraient tous ceux qui l’avaient connue, la tombe de Dérésine devenait de plus en plus un lieu à éviter. Lorsque son dernier prétendant, plutôt que de mourir de vieillesse, préféra se fracasser le crâne sur la maudite pierre coupable de tant de malheurs, la population comprit enfin les dieux et se détourna elle aussi de cet endroit. Plus les années passaient, plus le cercle à éviter entourant la tombe de Dérésine grandissait. Puis l’île entière fut abandonnée. Puis ce fut aux îles aux alentours de subir le même sort. Seuls les animaux demeurèrent sur place et ils proliférèrent. Les hommes furent vite oubliés et les chevaux régnèrent en maîtres. Sur l’île d’Édionasse, les équidés se relayaient chaque jour autour de la tombe de Dérésine. Ils usaient la stèle en évitant soigneusement la pierre incriminée. Ensuite ils creusèrent avec leurs sabots jusqu’à atteindre le corps de Dérésine qui, nu, resplendissait de sa beauté intacte. Elle se releva et regarda les chevaux s’éloigner pendant que son ancienne monture, morte le même jour qu’elle, prenait forme et s’agenouillait afin qu’elle puisse s’asseoir sur son dos. Au galop, elle adorait sentir le vent s’essouffler dans sa chevelure et elle plongeait avec bonheur dans l’eau salée avant de se sécher allongée sur le sable fin.
Lorsqu’un bateau s’échouait sur les côtes d’Édionasse, Dérésine aidée par son cheval venait porter secours aux survivants. Malgré sa nudité, personne n’osait la convoiter, à cause du regard qu’elle pouvait lancer et surtout parce que son cheval la protégeait de tout inconvenant. Nul ne voulait plus quitter l’île mais au fil des ans, elle retrouva une population humaine importante. L’endroit devint trop petit et les premières embarcations depuis bien longtemps furent construites. Se sentant abandonnée, Dérésine, montée sur son fidèle cheval, longea longuement la côte puis elle descendit, l’embrassa et s’enfonça dans la mer. Alors que le cheval la rattrapait, les yeux dans les yeux ils se diluèrent dans l’eau à jamais, et la forme inerte et absconse retrouva son inexistence.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Pas l’ombre d’un glaçon
Dans ce désert, il n’y a pas l’ombre d’un glaçon que je suis un animal en voie d’instinction. Je retrouve les bases de mes sens et les développe par une concentration soutenue par l’enrichissement des plaisirs du monde. Il faut se athée pour ne pas rater l’heure de la prière d’insérer de la monnaie télescopique. Il faut claironner des notables en chaussons assis sur des partitions limitrophes saccadées, et au sac à dos épinglé de photos d’amas de galaxies soucieuses de jeter un sort au premier vœux nu tenu par la douce main de sa petite mère. Il faut tapisser le sol de vagues azurées, coller aux murs des planètes vermifugées, peindre au plafond des chansons subversives à grands coups de scalpel. Et puis il faut penser à brancher son ouvre-beauté et jaillir sur ces entrefêtes.
Pris de courts-circuits, lorsque je suis plusieurs, je me coiffe d’un geste à tifs en même temps que j’empile des lettres in, des pingouins climatisés, et des jeans biofluorés, et surtout je vais chez le voisin Eustache… qui est absent ! Je repasserai un de ces 4x4 à l’occasion. Puis je vais chez son voisin Eustache (corrigez-moi si je me trompe d’Eustache !). J’encre sans papier. Il regarde un document tueur animal lié : Pendant la tournée du torréfacteur, pendant là, tournée vers la douleur, les souris du laboratoire s’enfilent et crânent sur grand écran. Elles me donnent un petit avant-goût d’arrière-goût en file indigne. Celles sans rancune tenace s’arment d’impatience. Celles sans aucune Thrace sur leur blouse, préfèrent s’immiscer dans les salons de beaux thés nébreux cachés parmi les cantons de province. Ensuite c’est l’histoire d’une huître et d’une coquille Saint-Jacques pas palourdes pour deux perles. Aussi, parfois le dimanche, sans le crier sous les toits, lorsque j’oublie de rêver, j’ai une vie de grenier.
Il ne se passera pas un semblant de jour sans que ces maudits rets actionnaires ne m'attaquent. Je sais comment ils font, ils sont embusqués derrière les haies et ils sont prêts à se jeter sur le premier scripteur qui passe. Mais peu importe, je les rejette d'un revers d'épaule méprisant vers la néantosphère à laquelle ils appartiennent, et je passe mon chemin. Je le passe au tamis et je recueille ainsi les fragments d'un discours discordant que je tente d'aligner avec les sons mélodieux de la harpe des élémentaires élégiaques. Dans ce spectromètre ondulatoire, je vois soudain gésir les restes marmoréens de nos banquets disparus. Les poètes munis de nageoires mécaniques s'élancent pour les formater en direction de l'éclipse de lune, mais ils butent sur des résidus de maux mal orthographiés et s'étalent dans la boue sous les rires des courtilières.
Le navigateur fonctionne à échelle réduite et ses appels ont été déconnectés. Dans la cabane, au fin fond de la forêt, il se bagarre sauvagement avec ses câbles pour tenter de retrouver un fragment de moraine qui a dérivé le long des gencives du dieu tutélaire. Mais les signaux qu'il aimait restent sans réponse. Alors il distribue ses réserves de pain d'épice aux hérissons qui l'applaudissent avec gravité. A l'autre bout du câble, dans la ville embuée de larmes, les techniciens s'inquiètent de ce scie-l'anse. Faut-il donner l'alerte, envoyer une expédition à sa recherche ? Ils concluent momentanément qu'il est urgent d'attendre. Nous attendons donc.
Même immobile je ne suis pas toujours une flèche, et si je décoche il m’arrive d’accoster une branche entrouverte après minuit au beau milieu d’un des jeunets sur l’herbe. J’allume le répond d’œuf qui me répond d’heure plein de massages en heures creuses. Je me gargarise sous une pieuvre rayée comme un poulbot écaillé. Je ronfle la tête coincée entre deux cigarettes ignifugées. Pendant mon sommeil gonflé à l’hélium, l’extincteur d’espèces devient fébrile et je rêve d’une symphonie désarticulée par un musicien adepte du bandonéon au plafond, qui clignote et qui fait mal aux yeux sauf derrière des lunettes venimeuses. Aurais-je l’outrecuidance de m’accorder les lignes de la main puisque mon corps morcelé comme par un peintre impressionniste s’évapore dès qu’on me regarde de près. Et de loin il donne l’expression de soie artificielle à la recherche d’une file d’attente conventionnée par un aéroglisseur de mots doux.
Auteurs : Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Pris de courts-circuits, lorsque je suis plusieurs, je me coiffe d’un geste à tifs en même temps que j’empile des lettres in, des pingouins climatisés, et des jeans biofluorés, et surtout je vais chez le voisin Eustache… qui est absent ! Je repasserai un de ces 4x4 à l’occasion. Puis je vais chez son voisin Eustache (corrigez-moi si je me trompe d’Eustache !). J’encre sans papier. Il regarde un document tueur animal lié : Pendant la tournée du torréfacteur, pendant là, tournée vers la douleur, les souris du laboratoire s’enfilent et crânent sur grand écran. Elles me donnent un petit avant-goût d’arrière-goût en file indigne. Celles sans rancune tenace s’arment d’impatience. Celles sans aucune Thrace sur leur blouse, préfèrent s’immiscer dans les salons de beaux thés nébreux cachés parmi les cantons de province. Ensuite c’est l’histoire d’une huître et d’une coquille Saint-Jacques pas palourdes pour deux perles. Aussi, parfois le dimanche, sans le crier sous les toits, lorsque j’oublie de rêver, j’ai une vie de grenier.
Il ne se passera pas un semblant de jour sans que ces maudits rets actionnaires ne m'attaquent. Je sais comment ils font, ils sont embusqués derrière les haies et ils sont prêts à se jeter sur le premier scripteur qui passe. Mais peu importe, je les rejette d'un revers d'épaule méprisant vers la néantosphère à laquelle ils appartiennent, et je passe mon chemin. Je le passe au tamis et je recueille ainsi les fragments d'un discours discordant que je tente d'aligner avec les sons mélodieux de la harpe des élémentaires élégiaques. Dans ce spectromètre ondulatoire, je vois soudain gésir les restes marmoréens de nos banquets disparus. Les poètes munis de nageoires mécaniques s'élancent pour les formater en direction de l'éclipse de lune, mais ils butent sur des résidus de maux mal orthographiés et s'étalent dans la boue sous les rires des courtilières.
Le navigateur fonctionne à échelle réduite et ses appels ont été déconnectés. Dans la cabane, au fin fond de la forêt, il se bagarre sauvagement avec ses câbles pour tenter de retrouver un fragment de moraine qui a dérivé le long des gencives du dieu tutélaire. Mais les signaux qu'il aimait restent sans réponse. Alors il distribue ses réserves de pain d'épice aux hérissons qui l'applaudissent avec gravité. A l'autre bout du câble, dans la ville embuée de larmes, les techniciens s'inquiètent de ce scie-l'anse. Faut-il donner l'alerte, envoyer une expédition à sa recherche ? Ils concluent momentanément qu'il est urgent d'attendre. Nous attendons donc.
Même immobile je ne suis pas toujours une flèche, et si je décoche il m’arrive d’accoster une branche entrouverte après minuit au beau milieu d’un des jeunets sur l’herbe. J’allume le répond d’œuf qui me répond d’heure plein de massages en heures creuses. Je me gargarise sous une pieuvre rayée comme un poulbot écaillé. Je ronfle la tête coincée entre deux cigarettes ignifugées. Pendant mon sommeil gonflé à l’hélium, l’extincteur d’espèces devient fébrile et je rêve d’une symphonie désarticulée par un musicien adepte du bandonéon au plafond, qui clignote et qui fait mal aux yeux sauf derrière des lunettes venimeuses. Aurais-je l’outrecuidance de m’accorder les lignes de la main puisque mon corps morcelé comme par un peintre impressionniste s’évapore dès qu’on me regarde de près. Et de loin il donne l’expression de soie artificielle à la recherche d’une file d’attente conventionnée par un aéroglisseur de mots doux.
Auteurs : Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Dans le fossé
je suis tombé dans le fossé,
privé de l'esprit,
la multiplication a permuté avec le sang le plus pur,
ignorant la lutte en aquarelles,
du rouge de l'agressivité
à l’insertion d’un flexible interne,
un stockage complet de veines bleues
ouvre
un champ de bataille psychologique,
clame
une divergence d'opinions qui forme un angle pointu vers le haut,
avec ce que l’homme de main prescrit dans la permanence
comme lugubrement sérieuse
pour le lieu des cactus attachés,
affichant,
malgré le désavantage de méfiance,
l’insurmontable surcharge du compartiment tabou...
Auteur : Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
privé de l'esprit,
la multiplication a permuté avec le sang le plus pur,
ignorant la lutte en aquarelles,
du rouge de l'agressivité
à l’insertion d’un flexible interne,
un stockage complet de veines bleues
ouvre
un champ de bataille psychologique,
clame
une divergence d'opinions qui forme un angle pointu vers le haut,
avec ce que l’homme de main prescrit dans la permanence
comme lugubrement sérieuse
pour le lieu des cactus attachés,
affichant,
malgré le désavantage de méfiance,
l’insurmontable surcharge du compartiment tabou...
Auteur : Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
samedi 10 mars 2007
Histoire de Jilleil
Jilleil (Diarmid Jilleil Cennsalach, dit Jilleil), né en Irlande vers 1140, était originaire de Kildare. Ce moine formé au métier de copiste jeta son froc aux orties et décida de quitter son pays quand, après l'invasion de l'Irlande par les Normands en 1169, le roi d'Angleterre Henry II étendit son pouvoir à l'île. Jilleil passa dans des conditions inconnues d'Irlande en Angleterre et de là en France où il s'établit finalement à Laon. Il semble que son idée initiale aurait été d'aller jusqu'en Italie et on ne sait pas pourquoi il s'arrêta à Laon. (Certains ont avancé que le frais minois de la fille de l'aubergiste de Laon, Perrette Dubuisson, y était pour quelque chose.)
Très habile aux travaux de copie et d'enluminure, Jilleil devint vite une référence dans la région et avec quelques autres copistes, notamment Dolate, un autre moine défroqué, et Obbyz, un personnage étrange, mystérieux, qui venait du royaume de Bohême, il fonda la Guilde des Copistes Lumineux et en devint le premier Haut Maître, quoique ce nom ne fût pas encore usité. On ne dispose pas de portrait de Jilleil, mais on sait qu'il était grand et fort, évidemment roux et grand buveur de cervoise. Il vécut très âgé, sans cesser d'exercer son métier de copiste, et mourut vers 1240. Au moment de sa mort, les membres de la Guilde pensaient déjà à élaborer la Grande Connivence, charte qui leur donna tous les pouvoirs dans la ville de Lectoris. Cette charte devait être finalement mise en oeuvre par Jacques Galustre.
Auteur : Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Très habile aux travaux de copie et d'enluminure, Jilleil devint vite une référence dans la région et avec quelques autres copistes, notamment Dolate, un autre moine défroqué, et Obbyz, un personnage étrange, mystérieux, qui venait du royaume de Bohême, il fonda la Guilde des Copistes Lumineux et en devint le premier Haut Maître, quoique ce nom ne fût pas encore usité. On ne dispose pas de portrait de Jilleil, mais on sait qu'il était grand et fort, évidemment roux et grand buveur de cervoise. Il vécut très âgé, sans cesser d'exercer son métier de copiste, et mourut vers 1240. Au moment de sa mort, les membres de la Guilde pensaient déjà à élaborer la Grande Connivence, charte qui leur donna tous les pouvoirs dans la ville de Lectoris. Cette charte devait être finalement mise en oeuvre par Jacques Galustre.
Auteur : Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Ce qu'il reste de la vie
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie continue sans nous soutenir
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie continue sans nous
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie continue sans
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie continue
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand
Ce qu'il reste de la vie ordinaire
Ce qu’il reste de la vie
Ce qu’il reste
Ce qu’il
Ce qu’
Ce
C
Auteurs :Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie continue sans nous
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie continue sans
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie continue
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la vie
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que la
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors que
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien alors
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à rien
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense à
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne pense
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on ne
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand on
Ce qu'il reste de la vie ordinaire quand
Ce qu'il reste de la vie ordinaire
Ce qu’il reste de la vie
Ce qu’il reste
Ce qu’il
Ce qu’
Ce
C
Auteurs :Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Paulinius Zénoble Péliguon (version 1.2)
(février 1448 – 11 février 1501)
Né à Gravelines près de Calais, cet humaniste athée fut le dernier membre important de la guilde des Copistes Lumineux. Il était issu d’une famille de pêcheurs. Malgré son absence de foi, son père lui ordonna d’utiliser au mieux sa curiosité d’esprit et sa grande mémoire. À contrecoeur, préférant rester auprès de sa mère, il devint moine à l’abbaye de Saint-Riquier. Il y resta jusqu’en 1473, date de la construction d’un palais abbatial qui symbolisait à ses yeux l’opulence infertile des abbés et des moines plus centrés sur leur confort que sur l’érudition. Il alla rendre visite à sa mère qu’il n’avait pas vue depuis des années. Elle avait tant vieilli qu’il ne la reconnut pas au premier coup d’œil. Le connaissant par cœur, elle lui fit promettre de conserver son petit air moqueur et sa soif de savoir. Elle lui donna une bourse bien remplie afin qu’il aille étudier à l’université de Paris. Il préféra Oxford, où il arriva en 1474.
Péliguon a entamé une œuvre à jamais inachevée qui se voulait la description la plus fidèle possible de Lectoris, une ville d’environ dix mille habitants dont il a commencé à détailler l’histoire familiale de ses principaux représentants et figures marquantes. Il ressort de ses écrits que cette ville qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs. Officiellement une épidémie locale d'ergotisme décima sa population, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville. Paulinius Zénoble Péliguon était un des rares à accorder crédit à cette thèse qu’il étaya jusqu’à sa mort, alors que la plupart des savants de l’époque, sous l’influence de Guillaume Budé, affirmèrent qu’il s’agissait d’un empoisonnement de grande envergure. Cette théorie du complot horripilait Péliguon qui allait à contre-courant en contredisant Budé et même Érasme sur la symbolique des œuvres de Pinclor.
Péliguon considérait Pinclor comme un auteur majeur de l’Antiquité. Il dénichait le moindre écrit portant le nom de ce polygraphe grec. Ainsi tout ce que nous savons aujourd’hui de Pinclor, nous le devons aux ouvrages que Péliguon a publiés de son vivant. Ce dernier mourut bien avant ses contradicteurs leur laissant la possibilité d’imposer leurs suppositions à l’ensemble des érudits de l’époque et jusqu’à nos jours. En 1503 sa seule et unique fille, Zénobie, mourut et perdit une grande partie des écrits de son père, notamment les ouvrages que celui-ci avait collationnés, alors qu’elle traversait la Manche dans le but d’éduquer Henri VIII, héritier du trône d’Angleterre.
À partir des quelques textes de Péliguon qui nous sont parvenus, le comte d'origine polonaise Wojciech Leokadich, qui avait racheté en 1889 l'essentiel des bâtiments restants sur le site abandonné de Lectoris, établit des plans détaillés pour reconstruire la ville et lui redonner sa splendeur passée. Il s'est appuyé notamment sur le mémoire intitulé Description fidèle et complète de la grande et noble cité de Lectoris en Thiérache pour servir à l'éducation des peuples à venir, que Péliguon écrivit vers 1498. À son tour le fils de Wojciech Leokadich, Pierre-Antoine (1907-1977), étudia l'oeuvre de Péliguon mais sur un plan littéraire et politique, voulant faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voir en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle.
Péliguon, comme ses prédécesseurs au sein de la guilde des Copiste Lumineux, voyait en Lectoris la ville d’où aurait dû et pu jaillir un bien-être futur. Cette concentration d’érudits résidant sur place ou de passage permettait un brassage des cultures et permettait de se pencher sur des questions de tout ordre, même religieux. Péliguon fut consterné d’apprendre que la mort des habitants de Lectoris, au lieu de donner un second souffle à cet idéal, ne fit que renforcer la superstition qu’il savait avoir été renforcée par l’Église. Il ne se doutait pas que sa propre mort aboutirait au paroxysme de ce phénomène.
L’originalité de Péliguon fut de tenter de comprendre, clarifier, mettre en pratique et d’extrapoler les enseignements tirés des œuvres de Pinclor. C’est pour cette raison qu’il arriva à Lectoris le 11 février 1501. Lorsqu’il vit cette cité abandonnée où vécurent de nombreux savants dont les membres de sa guilde, il fondit en larmes. « Le Grand Œuvre est là ! » aurait-il dit, nous a rapporté son disciple nommé Lavoulette. Ce dernier décrit aussi sa propre peur devant ces ruines envahies par les buissons, les arbres et toutes sortes de cris d’animaux. Pétrifié d’effroi, Lavoulette laissa Péliguon avancer, accompagné de ses deux seuls ânes qui tiraient ses affaires et refusaient de se frotter aux ronces. Alors Péliguon décida de tirer lui-même la carriole. La caisse qu’il déchargea, emplie de ses écrits, l’écrasa de tout son poids. Lavoulette propagea la nouvelle, ce qui mit fin à l’existence de la guilde des Copiste Lumineux.
Auteurs : Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Né à Gravelines près de Calais, cet humaniste athée fut le dernier membre important de la guilde des Copistes Lumineux. Il était issu d’une famille de pêcheurs. Malgré son absence de foi, son père lui ordonna d’utiliser au mieux sa curiosité d’esprit et sa grande mémoire. À contrecoeur, préférant rester auprès de sa mère, il devint moine à l’abbaye de Saint-Riquier. Il y resta jusqu’en 1473, date de la construction d’un palais abbatial qui symbolisait à ses yeux l’opulence infertile des abbés et des moines plus centrés sur leur confort que sur l’érudition. Il alla rendre visite à sa mère qu’il n’avait pas vue depuis des années. Elle avait tant vieilli qu’il ne la reconnut pas au premier coup d’œil. Le connaissant par cœur, elle lui fit promettre de conserver son petit air moqueur et sa soif de savoir. Elle lui donna une bourse bien remplie afin qu’il aille étudier à l’université de Paris. Il préféra Oxford, où il arriva en 1474.
Péliguon a entamé une œuvre à jamais inachevée qui se voulait la description la plus fidèle possible de Lectoris, une ville d’environ dix mille habitants dont il a commencé à détailler l’histoire familiale de ses principaux représentants et figures marquantes. Il ressort de ses écrits que cette ville qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs. Officiellement une épidémie locale d'ergotisme décima sa population, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville. Paulinius Zénoble Péliguon était un des rares à accorder crédit à cette thèse qu’il étaya jusqu’à sa mort, alors que la plupart des savants de l’époque, sous l’influence de Guillaume Budé, affirmèrent qu’il s’agissait d’un empoisonnement de grande envergure. Cette théorie du complot horripilait Péliguon qui allait à contre-courant en contredisant Budé et même Érasme sur la symbolique des œuvres de Pinclor.
Péliguon considérait Pinclor comme un auteur majeur de l’Antiquité. Il dénichait le moindre écrit portant le nom de ce polygraphe grec. Ainsi tout ce que nous savons aujourd’hui de Pinclor, nous le devons aux ouvrages que Péliguon a publiés de son vivant. Ce dernier mourut bien avant ses contradicteurs leur laissant la possibilité d’imposer leurs suppositions à l’ensemble des érudits de l’époque et jusqu’à nos jours. En 1503 sa seule et unique fille, Zénobie, mourut et perdit une grande partie des écrits de son père, notamment les ouvrages que celui-ci avait collationnés, alors qu’elle traversait la Manche dans le but d’éduquer Henri VIII, héritier du trône d’Angleterre.
À partir des quelques textes de Péliguon qui nous sont parvenus, le comte d'origine polonaise Wojciech Leokadich, qui avait racheté en 1889 l'essentiel des bâtiments restants sur le site abandonné de Lectoris, établit des plans détaillés pour reconstruire la ville et lui redonner sa splendeur passée. Il s'est appuyé notamment sur le mémoire intitulé Description fidèle et complète de la grande et noble cité de Lectoris en Thiérache pour servir à l'éducation des peuples à venir, que Péliguon écrivit vers 1498. À son tour le fils de Wojciech Leokadich, Pierre-Antoine (1907-1977), étudia l'oeuvre de Péliguon mais sur un plan littéraire et politique, voulant faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voir en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle.
Péliguon, comme ses prédécesseurs au sein de la guilde des Copiste Lumineux, voyait en Lectoris la ville d’où aurait dû et pu jaillir un bien-être futur. Cette concentration d’érudits résidant sur place ou de passage permettait un brassage des cultures et permettait de se pencher sur des questions de tout ordre, même religieux. Péliguon fut consterné d’apprendre que la mort des habitants de Lectoris, au lieu de donner un second souffle à cet idéal, ne fit que renforcer la superstition qu’il savait avoir été renforcée par l’Église. Il ne se doutait pas que sa propre mort aboutirait au paroxysme de ce phénomène.
L’originalité de Péliguon fut de tenter de comprendre, clarifier, mettre en pratique et d’extrapoler les enseignements tirés des œuvres de Pinclor. C’est pour cette raison qu’il arriva à Lectoris le 11 février 1501. Lorsqu’il vit cette cité abandonnée où vécurent de nombreux savants dont les membres de sa guilde, il fondit en larmes. « Le Grand Œuvre est là ! » aurait-il dit, nous a rapporté son disciple nommé Lavoulette. Ce dernier décrit aussi sa propre peur devant ces ruines envahies par les buissons, les arbres et toutes sortes de cris d’animaux. Pétrifié d’effroi, Lavoulette laissa Péliguon avancer, accompagné de ses deux seuls ânes qui tiraient ses affaires et refusaient de se frotter aux ronces. Alors Péliguon décida de tirer lui-même la carriole. La caisse qu’il déchargea, emplie de ses écrits, l’écrasa de tout son poids. Lavoulette propagea la nouvelle, ce qui mit fin à l’existence de la guilde des Copiste Lumineux.
Auteurs : Desman, Fuligineuse
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Pierre-Antoine Leokadich
(1907-1977)
Fils du comte Wojciech Leokadich d’origine polonaise, après des études d’archéologie, il reprit les documents de son père et étudia l'oeuvre de Paulinius Zénoble Péliguon sur un plan littéraire et politique. Il voulait faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voyait en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle. Le peu d’éléments dont il disposait pour satisfaire sa curiosité le poussèrent vers l’écriture d’un roman fleuve, Fatum Lectoris, qui mélange à la fois ses connaissances antiques sur l’œuvre et la vie de Pinclor et de Péliguon, l’histoire de Lectoris, la vie de son père ainsi que sa propre imagination.
Devant l’insuccès de ce premier roman, il donna des cours d’histoire et d’archéologie et écrivit des nouvelles qu’il plaçait dans différentes revues littéraires ou non sous différents pseudonymes. Au bout d’une dizaine d’années, il gagna assez d’argent pour se contenter d’écrire pour son propre plaisir. C’est sa jeune femme, Elvira, qui était d'origine portugaise et de trente-trois ans plus jeune que lui, qui s’occupait de trouver des éditeurs pour ses nouveaux textes qui étaient de plus en plus courts. À la fin de sa vie, il se contentait de nouvelles d’une page ou deux. Il explora, à la manière de Pierre Boulle, tous les genres possibles. Il ne cherchait pas à avoir son propre style. Il cherchait simplement à trouver des histoires et des situations originales. Sa femme ne veut pas divulguer l’ensemble de ses noms d’emprunt. Elle a précisé, lors d’un entretien radiophonique consacré à son mari, qu’elle préparait un dictionnaire exclusivement réservé à ses différents pseudonymes, nouvelles, personnages et autres noms propres utilisés ou inventés, styles, expressions, néologismes… En attendant cet ouvrage, certains jeunes chercheurs en littérature française contemporaine commencent à affiner sérieusement leurs travaux d’études concernant Pierre-Antoine Leokadich.
C’est ainsi que nous savons que Pierre-Antoine Leokadich avait commencé à rassembler des éléments pour écrire une histoire complète de la Guilde des Copistes Lumineux, dont Péliguon avait été le dernier Haut Maître. Il s'agissait non seulement de retracer l'histoire globale de la Guilde elle-même, sur l'espace d'environ trois siècles (de 1172 à 1501), mais aussi de raconter la vie de tous les personnages marquants qui en avaient fait partie, à commencer par le fondateur, Jilleil.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Fils du comte Wojciech Leokadich d’origine polonaise, après des études d’archéologie, il reprit les documents de son père et étudia l'oeuvre de Paulinius Zénoble Péliguon sur un plan littéraire et politique. Il voulait faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voyait en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle. Le peu d’éléments dont il disposait pour satisfaire sa curiosité le poussèrent vers l’écriture d’un roman fleuve, Fatum Lectoris, qui mélange à la fois ses connaissances antiques sur l’œuvre et la vie de Pinclor et de Péliguon, l’histoire de Lectoris, la vie de son père ainsi que sa propre imagination.
Devant l’insuccès de ce premier roman, il donna des cours d’histoire et d’archéologie et écrivit des nouvelles qu’il plaçait dans différentes revues littéraires ou non sous différents pseudonymes. Au bout d’une dizaine d’années, il gagna assez d’argent pour se contenter d’écrire pour son propre plaisir. C’est sa jeune femme, Elvira, qui était d'origine portugaise et de trente-trois ans plus jeune que lui, qui s’occupait de trouver des éditeurs pour ses nouveaux textes qui étaient de plus en plus courts. À la fin de sa vie, il se contentait de nouvelles d’une page ou deux. Il explora, à la manière de Pierre Boulle, tous les genres possibles. Il ne cherchait pas à avoir son propre style. Il cherchait simplement à trouver des histoires et des situations originales. Sa femme ne veut pas divulguer l’ensemble de ses noms d’emprunt. Elle a précisé, lors d’un entretien radiophonique consacré à son mari, qu’elle préparait un dictionnaire exclusivement réservé à ses différents pseudonymes, nouvelles, personnages et autres noms propres utilisés ou inventés, styles, expressions, néologismes… En attendant cet ouvrage, certains jeunes chercheurs en littérature française contemporaine commencent à affiner sérieusement leurs travaux d’études concernant Pierre-Antoine Leokadich.
C’est ainsi que nous savons que Pierre-Antoine Leokadich avait commencé à rassembler des éléments pour écrire une histoire complète de la Guilde des Copistes Lumineux, dont Péliguon avait été le dernier Haut Maître. Il s'agissait non seulement de retracer l'histoire globale de la Guilde elle-même, sur l'espace d'environ trois siècles (de 1172 à 1501), mais aussi de raconter la vie de tous les personnages marquants qui en avaient fait partie, à commencer par le fondateur, Jilleil.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Lectoris (version 1.2)
Lectoris est un village de la Thiérache en Picardie. Il abandonna son ancienne appellation de Belon en 1153 sous l'impulsion de la guilde des Copistes Lumineux.
Ce village de 152 habitants aujourd'hui, connaît l'histoire de cette ancienne cité qui atteignit dix mille habitants avant la grande hécatombe. Il ressort des écrits de Paulinius Zénoble Péliguon que cette ville (où il est mort) qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs, disparut très rapidement au 13e siècle. La ville de Lectoris devint la principale référence de la guilde des Copistes Lumineux, puis un refuge avant que sa population ne soit décimée en août et septembre 1233. Officiellement, une épidémie locale d'ergotisme décima sa population, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville.
C'est Jacques Galustre qui officialisa et réglementa la Grande Connivence. Cette charte associa intrinsèquement la guilde des Copistes Lumineux à la ville de Lectoris. Le Haut Maître de la guilde devenait de plein droit le plus haut représentant de la cité. Les nombreuses copies de textes envoyés par les membres de la guilde depuis les quatre coins de l’Europe et parfois même d’Orient vers Lectoris n’eurent plus à être cachées. Jacques Galustre améliora le système de transmission. Elles furent protégées par un sceau dont chacun respectait la confidentialité. Cependant de nombreux anciens copistes de la guilde gardèrent leur habitude d’une transmission discrète.
Au centre de Lectoris se trouvait une fontaine que l'on pouvait apercevoir du haut de la colline située au nord. Le système utilisait l'eau d'une source généreuse en quantité mais que personne n'osait détourner par superstition. Lavoulette, le disciple de Péliguon, a affirmé que cette fontaine fonctionnait encore en 1501. Elle mesurait trois mètres de hauteur et était située sur la grande place où toutes les rues de la ville convergeaient. C'est l'œuvre de Villard de Honnecourt, au début du XIIIe siècle. Il avait aussi insisté auprès de Geoffroy de Fenzac pour édifier, puisqu'on lui refusait de construire le moindre bâtiment religieux, un lieu de convivialité et de culture. Aussi avait-il prévu d'élever, à côté de cette fontaine, une immense construction avec une salle entourée de petites pièces où chacun aurait pu s'isoler. Sans l'hécatombe de 1233, Lectoris aurait construit la plus grande bibliothèque de l'époque. Seuls deux ou trois plans, retrouvés et publiés par Péliguon nous sont parvenus.
Malgré leurs différends, Pierre Burlin et son cousin Martin jouèrent un rôle déterminant en s'alliant dans les années qui ont précédé la fin de Lectoris en défendant les privilèges de la ville et de la guilde contre les tentatives insidueuses de l'inquisiteur Conrad de Marbourg, assassiné en juillet 1233.
Cette ville a été mise en quarantaine et évitée durant des siècles, jusqu’à ce que Wojciech Leokadich, un richissime aristocrate Polonais, rachète à l’État français l’ensemble des propriétés la composant en 1889. Il s’installa dans la plus belle bâtisse mais trouva nul ouvrier courageux afin de réaménager les constructions délabrées. Pendant trente-deux années il se fit donc charpentier, couvreur, plombier, ébéniste, etc. Après sa mort dans un hôpital en octobre 1921, une autopsie fut demandée par le préfet de la région et comme nulle trace de poison ne fut trouvée, l’État français racheta cette propriété à ses héritiers et transforma, avec l’aide des habitants rassurés des alentours, la ville en un musée grandeur nature selon les projets du comte Leokadich, basés sur les descriptions détaillées des livres de Péliguon.
Lectoris fut "miraculeusement" épargnée par les combats de la première Guerre Mondiale et détruite lors de la seconde. Un village fut reconstruit sur le site.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Ce village de 152 habitants aujourd'hui, connaît l'histoire de cette ancienne cité qui atteignit dix mille habitants avant la grande hécatombe. Il ressort des écrits de Paulinius Zénoble Péliguon que cette ville (où il est mort) qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs, disparut très rapidement au 13e siècle. La ville de Lectoris devint la principale référence de la guilde des Copistes Lumineux, puis un refuge avant que sa population ne soit décimée en août et septembre 1233. Officiellement, une épidémie locale d'ergotisme décima sa population, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville.
C'est Jacques Galustre qui officialisa et réglementa la Grande Connivence. Cette charte associa intrinsèquement la guilde des Copistes Lumineux à la ville de Lectoris. Le Haut Maître de la guilde devenait de plein droit le plus haut représentant de la cité. Les nombreuses copies de textes envoyés par les membres de la guilde depuis les quatre coins de l’Europe et parfois même d’Orient vers Lectoris n’eurent plus à être cachées. Jacques Galustre améliora le système de transmission. Elles furent protégées par un sceau dont chacun respectait la confidentialité. Cependant de nombreux anciens copistes de la guilde gardèrent leur habitude d’une transmission discrète.
Au centre de Lectoris se trouvait une fontaine que l'on pouvait apercevoir du haut de la colline située au nord. Le système utilisait l'eau d'une source généreuse en quantité mais que personne n'osait détourner par superstition. Lavoulette, le disciple de Péliguon, a affirmé que cette fontaine fonctionnait encore en 1501. Elle mesurait trois mètres de hauteur et était située sur la grande place où toutes les rues de la ville convergeaient. C'est l'œuvre de Villard de Honnecourt, au début du XIIIe siècle. Il avait aussi insisté auprès de Geoffroy de Fenzac pour édifier, puisqu'on lui refusait de construire le moindre bâtiment religieux, un lieu de convivialité et de culture. Aussi avait-il prévu d'élever, à côté de cette fontaine, une immense construction avec une salle entourée de petites pièces où chacun aurait pu s'isoler. Sans l'hécatombe de 1233, Lectoris aurait construit la plus grande bibliothèque de l'époque. Seuls deux ou trois plans, retrouvés et publiés par Péliguon nous sont parvenus.
Malgré leurs différends, Pierre Burlin et son cousin Martin jouèrent un rôle déterminant en s'alliant dans les années qui ont précédé la fin de Lectoris en défendant les privilèges de la ville et de la guilde contre les tentatives insidueuses de l'inquisiteur Conrad de Marbourg, assassiné en juillet 1233.
Cette ville a été mise en quarantaine et évitée durant des siècles, jusqu’à ce que Wojciech Leokadich, un richissime aristocrate Polonais, rachète à l’État français l’ensemble des propriétés la composant en 1889. Il s’installa dans la plus belle bâtisse mais trouva nul ouvrier courageux afin de réaménager les constructions délabrées. Pendant trente-deux années il se fit donc charpentier, couvreur, plombier, ébéniste, etc. Après sa mort dans un hôpital en octobre 1921, une autopsie fut demandée par le préfet de la région et comme nulle trace de poison ne fut trouvée, l’État français racheta cette propriété à ses héritiers et transforma, avec l’aide des habitants rassurés des alentours, la ville en un musée grandeur nature selon les projets du comte Leokadich, basés sur les descriptions détaillées des livres de Péliguon.
Lectoris fut "miraculeusement" épargnée par les combats de la première Guerre Mondiale et détruite lors de la seconde. Un village fut reconstruit sur le site.
Auteur : Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
vendredi 9 mars 2007
Courbes encrées
Courbes encrées et veloutées qui conduisent au plus noir de la nuit. En codant chimiquement un modèle moléculaire organisé sur le substrat de ce plateau à l'heure actuelle de la création, nous allons pouvoir placer un tréma unique sur chaque grain. Selon les lois de la physique, c'est impossible, et car de tels agissements peuvent faire cesser l'univers d'exister, mais est-ce là le critère qui doit nous occuper ? Puisque nous serons sur un bref hiatus jusqu'à l’épuisement des litanies, nous aurons ensuite un second souffle pour apaiser notre convoitise d'instruments à vent.
Les copistes récalcitrants n’ont qu’à bien se tenir, cachés derrière des défilés de mots estampillés par des corsaires aux dents longues et déchaussées. Les animaux, les clowns, les acrobates ont eux aussi étaient chassés par de plus malins qu’eux lorsque arrivaient des projectionnistes de plein air à vif. Les copistes récalcitrants n’ont qu’à se presser des citrons frais. Les copistes récalcitrants n’ont qu’à vomir au pied de la lettre leur excès de paragraphes dont ils ne comprennent pas le moindre mot. Ils volent en formation surlinéaire et ne partagent que leur envie de finir au plus vite, après avoir trahi leur auteur comme un moine défroqué à la recherche de ses oripeaux. Il leur faut des tonneaux d’encre et des oies personnelles avant de succomber d’un couché du regard sur leur ouvrage en cours d’inachèvement.
Tous ces emplumés rêvent des maisons sans fenêtre et à l’arrière-train en marche arrière, qui décollent en bout de champs, arrondissent les anges et dégorgent de blogs et autres sites chronologiques. Alors les souverains jacassent et les carats vannent devant la poterne secouée comme une taupe-modèle cachée par ses lunettes de lune. Les oublis de la fontaine trahissent les maisons papillonnaires et les fermes définitives qui, au lieu d’élever la voie de quelques centimètres, préfèrent joindre les deux bouts de phrases et engraisser des mots domestiques. Ces derniers seront les premiers à empiéter sur la villégiature hivernale des marques à saints plutôt que de prier pour le salut des seuls noms communs et des synonymes qui obtempèrent et attrapent des pissenlits par la racine.
Mais que deviendront-ils tous si l'encre se tarit ? Le puits à encre est profond et les nappes frais à tiques en contiennent certainement encore de grandes quantités. Néanmoins, une inquiétude diffuse a commencé à poindre chez les palmipèdes qui dirigent la grande entreprise multilatérale de copies conformes. Ils discutent ferme avec le gouverneur, demandant qu'un impôt de satin soit levé afin de financer les recherches sur des substances alternatives. Il ne semble pas qu'en l'occurrence, les bêtes raves puissent apporter une solution. En attendant, les intermittents de la copie se font un sang d'encre et se saignent aux quatre veines pour alimenter leurs encriers de porcelaine de Chine.
Assurément, la recherche de la vérité doit prévaloir sur toutes les tentatives éhontées de passe-menteries que l'on peut voir couramment dans les gazettes. C'est pourquoi nous sommes particulièrement attentifs à la cueillette des abat-jours et à leur conservation dans des conditions qu'on veut nables. Nous disposons dans nos archives - poussiéreuses mais hautement respectables - de la liste complète des forêts dans lesquelles ceux-ci peuvent être prélevés. Des émissaires vêtus d'habits jaune d'oeuf moutarde et porteurs d'autorisations spéciales validées de notre sot (qui l'y laisse) sont seuls habilités à effectuer cette opération aussi dangereuse que souhaitable pour la poursuite de nos activités.
Sous les directives éperdues des membres tapis de la grande grillade feuilletée, j’entends une voix qui te dis : « Tu ne raisonnes plus ! Tu sonnes faux ! » Et toi qui continues d’exposer de fond en comble des moulures d’alinéas en fibre de plastique d’un vert glacial orangé. Les pachas font la danse du vent et tu leur tournes les ailes dans le sens contraire à toute convenance. Leurs bras tapis s’allongent comme des kilos de filigranes éventrés qui avancent à grands pas sur des rubans de Möbius embrochés sur des cols expérimentaux fermés par des congénères de neige. De là ils voient des prés, six pissenlits et cinq ratons laveurs prévertueux qui s’inventent des airs arides en plissant leur peau terne, et poilue de près. Alors un tapis perçant le paragraphe de part en part se déroule et tu t'y prends les pieds.
Mes pieds se prennent dans le tapis et au lieu de chuter, je me trouve projetée comme par une catapulte géante verte à travers les airs, les éthers, l'atmopshère, la stratosphère et retour. J'ai le temps de me rendre compte que je fais plusieurs fois le tour de ma tête. Je retombe très doucement en voletant, comme enroulée de fais-ce-ton, au centre d'une forteresse de carton-pâte. C'est clair que je me fais du cinéma, mais on ne va pas dramatiser, il y a déjà suffisamment comme cela d'oranges sanguines écrasées. Je secoue la poussière de mes guenilles et je pars explorer les spasmes où j'ai atterri. L'endroit semble désert...
Auteurs : Fuligineuse, Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Les copistes récalcitrants n’ont qu’à bien se tenir, cachés derrière des défilés de mots estampillés par des corsaires aux dents longues et déchaussées. Les animaux, les clowns, les acrobates ont eux aussi étaient chassés par de plus malins qu’eux lorsque arrivaient des projectionnistes de plein air à vif. Les copistes récalcitrants n’ont qu’à se presser des citrons frais. Les copistes récalcitrants n’ont qu’à vomir au pied de la lettre leur excès de paragraphes dont ils ne comprennent pas le moindre mot. Ils volent en formation surlinéaire et ne partagent que leur envie de finir au plus vite, après avoir trahi leur auteur comme un moine défroqué à la recherche de ses oripeaux. Il leur faut des tonneaux d’encre et des oies personnelles avant de succomber d’un couché du regard sur leur ouvrage en cours d’inachèvement.
Tous ces emplumés rêvent des maisons sans fenêtre et à l’arrière-train en marche arrière, qui décollent en bout de champs, arrondissent les anges et dégorgent de blogs et autres sites chronologiques. Alors les souverains jacassent et les carats vannent devant la poterne secouée comme une taupe-modèle cachée par ses lunettes de lune. Les oublis de la fontaine trahissent les maisons papillonnaires et les fermes définitives qui, au lieu d’élever la voie de quelques centimètres, préfèrent joindre les deux bouts de phrases et engraisser des mots domestiques. Ces derniers seront les premiers à empiéter sur la villégiature hivernale des marques à saints plutôt que de prier pour le salut des seuls noms communs et des synonymes qui obtempèrent et attrapent des pissenlits par la racine.
Mais que deviendront-ils tous si l'encre se tarit ? Le puits à encre est profond et les nappes frais à tiques en contiennent certainement encore de grandes quantités. Néanmoins, une inquiétude diffuse a commencé à poindre chez les palmipèdes qui dirigent la grande entreprise multilatérale de copies conformes. Ils discutent ferme avec le gouverneur, demandant qu'un impôt de satin soit levé afin de financer les recherches sur des substances alternatives. Il ne semble pas qu'en l'occurrence, les bêtes raves puissent apporter une solution. En attendant, les intermittents de la copie se font un sang d'encre et se saignent aux quatre veines pour alimenter leurs encriers de porcelaine de Chine.
Assurément, la recherche de la vérité doit prévaloir sur toutes les tentatives éhontées de passe-menteries que l'on peut voir couramment dans les gazettes. C'est pourquoi nous sommes particulièrement attentifs à la cueillette des abat-jours et à leur conservation dans des conditions qu'on veut nables. Nous disposons dans nos archives - poussiéreuses mais hautement respectables - de la liste complète des forêts dans lesquelles ceux-ci peuvent être prélevés. Des émissaires vêtus d'habits jaune d'oeuf moutarde et porteurs d'autorisations spéciales validées de notre sot (qui l'y laisse) sont seuls habilités à effectuer cette opération aussi dangereuse que souhaitable pour la poursuite de nos activités.
Sous les directives éperdues des membres tapis de la grande grillade feuilletée, j’entends une voix qui te dis : « Tu ne raisonnes plus ! Tu sonnes faux ! » Et toi qui continues d’exposer de fond en comble des moulures d’alinéas en fibre de plastique d’un vert glacial orangé. Les pachas font la danse du vent et tu leur tournes les ailes dans le sens contraire à toute convenance. Leurs bras tapis s’allongent comme des kilos de filigranes éventrés qui avancent à grands pas sur des rubans de Möbius embrochés sur des cols expérimentaux fermés par des congénères de neige. De là ils voient des prés, six pissenlits et cinq ratons laveurs prévertueux qui s’inventent des airs arides en plissant leur peau terne, et poilue de près. Alors un tapis perçant le paragraphe de part en part se déroule et tu t'y prends les pieds.
Mes pieds se prennent dans le tapis et au lieu de chuter, je me trouve projetée comme par une catapulte géante verte à travers les airs, les éthers, l'atmopshère, la stratosphère et retour. J'ai le temps de me rendre compte que je fais plusieurs fois le tour de ma tête. Je retombe très doucement en voletant, comme enroulée de fais-ce-ton, au centre d'une forteresse de carton-pâte. C'est clair que je me fais du cinéma, mais on ne va pas dramatiser, il y a déjà suffisamment comme cela d'oranges sanguines écrasées. Je secoue la poussière de mes guenilles et je pars explorer les spasmes où j'ai atterri. L'endroit semble désert...
Auteurs : Fuligineuse, Desman
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)
Si vous voulez modifier ce texte, lisez par exemple l'en-tête de ce blog où est indiquée la marche à suivre.
Inscription à :
Articles (Atom)