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lundi 12 mars 2007

Le Mythe de Dioclétranse, d’après l’œuvre de Pinclor

Dioclétranse, un des fils d’Atlas, était le roi d’une île de taille moyenne au-delà des colonnes d’Heraclès. Il voulut agrandir son royaume qui vivait en autarcie, et plutôt que de risquer de guerroyer contre des armées plus puissantes que la sienne, il préféra agrandir son île en imposant à son peuple d’aplanir les montagnes pour en jeter les débris sur le rivage. Alors qu’il dirigeait les travaux en personne, Dioclétranse envoya à Athènes le jeune Ptéroclès, qu’il ne voulait pas voir auprès de sa fille Diagamonne, pour y apprendre des techniques efficaces qui permettraient de gagner du temps et éviter l’agonie de son peuple.

Obéissant, Ptéroclès choisit les hommes les plus habiles sur mer et arriva sans entrave à Athènes. Il s’informa auprès des savants de l’époque. Ils étaient étonnés de son manque d’érudition compensé par une capacité d’analyse hors du commun. Le moindre plan, le moindre propos lui permettait d’échafauder en quelques minutes des procédés complexes. Épris de nouveauté et de philosophie, sa passion pour Diagamonne s’estompa. Il mit de côté aussi les raisons de sa venue et rien ne pouvait apaiser sa soif d’apprendre et le bon temps qu’il passait en la compagnie de ses nouveaux amis.

Une année passa lorsque arriva un messager de Dioclétranse qui retrouva facilement Ptéroclès. Ce jour-là le messager s’attendait à découvrir qu’il était mort ou gravement malade, au lieu de cela Ptéroclès dialoguait lors d’un banquet où la joie puait l’alcool. Ptéroclès reconnut le messager, il s'agissait d'Oname, le neveu de Dioclétranse. Alors qu’Oname lui tendait le message de son père, Ptéroclès lui proposa de se joindre à eux. Personne ne put retenir la vivacité d’Oname qui emmena de force Ptéroclès à bord de son navire. Il fut attaché et Oname prit la décision de quitter la ville dès que ses hommes seraient à nouveau en état de reprendre la mer.

Le voyage du retour subit de nombreuses avaries et le bateau coula. Tous les marins moururent sauf Oname qui fut sauvé par Atlas qui l’emmena sur une l’île déserte d’Édionasse. Ptéroclès se déchaîna de rage, remonta à la surface et se transforma en une raie volante au bec crochu et aux griffes acérées. Il fondit sur son île natale, tua les hommes de Dioclétranse et libéra le peuple qui se révolta contre le palais aux gardes morts. Dioclétranse prit sa fille en otage et menaça de lui crever les yeux si personne ne prévenait Ptéroclès de la situation. La foule craignit une vengeance de Ptéroclès et lorsqu’il apprit la nouvelle, il se mit à creuser un canal coupant l’île de part en part dans le but de faire comprendre à tous que le temps de l’unité sous la contrainte était fini. Alors Dioclétranse creva les yeux de sa fille et se trancha la gorge pendant que son peuple le lapidait.

Lorsque Ptéroclès fut guérit de sa rage il entendit les plaintes de Diagamonne et comprit tout ce qu’il avait perdu. Lorsqu’il voulu rejoindre sa belle, il fut lapidé à son tour par le peuple pour sa cruauté. Alors, des familles entières se séparèrent, les uns firent de Diagamonne leur reine, et les autres traversèrent le canal afin de former une nouvelle dynastie. Mais bientôt une vague immense balaya toute vie en ce lieu et plus jamais un humain n’y posa les pieds.


Auteur : Desman


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dimanche 11 mars 2007

Le Mythe de Dérésine, d’après l’œuvre de Pinclor

Loin des dieux de l’Olympe, loin de la vie, une forme passait inaperçue, inerte comme une promesse trahie avant d’être énoncée, et absconse comme une définition de la beauté, jusqu’au jour où au sud de l’île d’Édionasse, Dérésine tomba de son cheval sur une pierre endormie. Le choc la tua et cette parfaite beauté féminine promise à tous fut pleurée par ses innombrables prétendants. Le cheval de Dérésine fut sacrifié lors de son enterrement et les autres chevaux furent abandonnés par les amoureux de la belle. Attirés par la procession interminable qui touchait à chaque passage la pierre meurtrière posée sur la magnifique stèle, quelques dieux y regardèrent de plus près. Mais trop occupés par leurs propres défis, ils avertirent les habitants déjà en peine que ce lieu serait oublié des dieux. En effet ils négligèrent cet endroit durant des siècles. Aucune prière ne sut les émouvoir. Beaucoup de jeunes hommes se tuèrent de chagrin, d’autres lors de combats pour l’honneur d’une parole trop leste à l’égard de Dérésine, d’autres par ennui, d’autres pour la rejoindre. Aucun ne sut entrer en son contact.

Les années passèrent, et à mesure que mouraient tous ceux qui l’avaient connue, la tombe de Dérésine devenait de plus en plus un lieu à éviter. Lorsque son dernier prétendant, plutôt que de mourir de vieillesse, préféra se fracasser le crâne sur la maudite pierre coupable de tant de malheurs, la population comprit enfin les dieux et se détourna elle aussi de cet endroit. Plus les années passaient, plus le cercle à éviter entourant la tombe de Dérésine grandissait. Puis l’île entière fut abandonnée. Puis ce fut aux îles aux alentours de subir le même sort. Seuls les animaux demeurèrent sur place et ils proliférèrent. Les hommes furent vite oubliés et les chevaux régnèrent en maîtres. Sur l’île d’Édionasse, les équidés se relayaient chaque jour autour de la tombe de Dérésine. Ils usaient la stèle en évitant soigneusement la pierre incriminée. Ensuite ils creusèrent avec leurs sabots jusqu’à atteindre le corps de Dérésine qui, nu, resplendissait de sa beauté intacte. Elle se releva et regarda les chevaux s’éloigner pendant que son ancienne monture, morte le même jour qu’elle, prenait forme et s’agenouillait afin qu’elle puisse s’asseoir sur son dos. Au galop, elle adorait sentir le vent s’essouffler dans sa chevelure et elle plongeait avec bonheur dans l’eau salée avant de se sécher allongée sur le sable fin.

Lorsqu’un bateau s’échouait sur les côtes d’Édionasse, Dérésine aidée par son cheval venait porter secours aux survivants. Malgré sa nudité, personne n’osait la convoiter, à cause du regard qu’elle pouvait lancer et surtout parce que son cheval la protégeait de tout inconvenant. Nul ne voulait plus quitter l’île mais au fil des ans, elle retrouva une population humaine importante. L’endroit devint trop petit et les premières embarcations depuis bien longtemps furent construites. Se sentant abandonnée, Dérésine, montée sur son fidèle cheval, longea longuement la côte puis elle descendit, l’embrassa et s’enfonça dans la mer. Alors que le cheval la rattrapait, les yeux dans les yeux ils se diluèrent dans l’eau à jamais, et la forme inerte et absconse retrouva son inexistence.


Auteur : Desman


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mercredi 7 mars 2007

Le Mythe de Miranisse, d’après l’œuvre de Pinclor (3)

Nous ne connaissons pas les détails de cette quête. Ce qui est sûr, c’est que Miranisse retrouva d’abord sa mère, la brebis, qui était en fait la déesse Cybèle. Lorsqu’elle entendit Miranisse lui poser des questions sur Nomnisse, voyant qu’elle n’était pas l’objet de ses recherches, elle décida d’une légère vengeance. Miranisse dut trouver une plante rare, la rapporter à Cybèle afin qu’elle la mélange à d’autres plantes médicinales. Ce qu’il fit, non sans être tenter d’abandonner. Acceptant l’unique condition imposée par Cybèle, Miranisse but alors le breuvage concocté par sa mère et il tomba au sol inconscient, et animé par la force de son passé qu’il revivait et cela jusqu’à redevenir son propre père. Il vit dans quelle direction son père fut chassé et dans quel recoin isolé il vivait maintenant avec pour seule compagne, Padanime, une femme vertueuse qui prenait soin de lui. Seul à son réveil, Miranisse partit en faisant de grands pas, traversant d’immenses cours d’eau et de nombreux cols enneigés. Lorsqu’il retrouva enfin son père, ce dernier ne put le reconnaître. Il ne comprenait rien aux propos de Nomnisse, mais il accepta l’aide proposée par Miranisse. Padanime accepta bon gré mal gré d’accueillir ce fils difforme alors qu’elle-même était enceinte de Nomnisse.

Un jour, essayant une fois de plus d’aider son père à retrouver ses facultés perdues, Miranisse lui révéla l’identité de Cybèle ce qui rendit à Nomnisse son esprit critique et son discernement. Pendant que celui-ci se remémorait tout ce qu’il avait vécu dans une inconscience profonde, il vit, sans pouvoir rien y changer, son fils se transformer en six chiens morts qui se décomposaient. Nomnisse comprit alors ce qu’avait voulu enseigner Cybèle aux hommes et aux femmes de ce monde. Il partit en compagnie de Padamine afin de divulguer la terrible histoire, riche d’enseignement, de son fils Miranisse. Mais personne ne les crut, et ces événements furent transmis de génération en génération jusqu’à Pinclor qui fut le premier à les coucher par écrit.


Auteur : Desman


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mardi 6 mars 2007

Le Mythe de Miranisse, d’après l’œuvre de Pinclor (2)

Capable de nommer les choses, les six chiens choisirent leurs noms : Mira, Rani, Nisse, Essi, Inar et Arim. Tous redevables envers leur proie, ils comprirent les dernières paroles de Miranisse. À tel point qu’ils désirèrent le venger. Ils battirent la campagne à la recherche d’informations. Ils apprirent le nom des voisins de Miranisse et ils voulurent en savoir plus, alors ils errèrent pendant plus de trois mois en quête du moindre témoignage. Plus le temps passait, plus ils eurent la conviction puis des preuves que même si tous les habitants d’Athènes n’étaient pas responsables, tous approuvaient le terrible sort infligé à Miranisse. Alors lorsqu’ils entendirent parler de Palvigar, ils retrouvèrent ses cendres sur lesquelles ils bavèrent de rage afin de reformer son corps. Lorsqu’il apprit le sort de Nomnisse, Palvigar n’eut plus l’intention de se venger. Il pactisa avec les six chiens errants pour les remercier de lui avoir redonné à la fois la vie et le goût à la vie. Donc, après avoir ameuté le plus de chiens possible, Mira, Rani, Nisse, Essi, Inar, et Arim se lancèrent, en tête, en direction d’Athènes. Un soir d’orage, sous les éclairs de Palvigar, beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants moururent sans comprendre ce qui leur arrivait. Les chiens domestiques sautèrent sur leurs maîtres. Il fallut aux Athéniens le retour du soleil pour enfin parvenir à tuer ou chasser hors de la cité les derniers chiens sanguinaires, et voir les centaines de corps sans vie de leurs concitoyens. De son côté, Mira avait réuni les corps de Rani, Nisse, Essi, Inar, et d’Arim au centre de l’agora. Il les avait placé avec précision puis il s’était laissé tomber à l’endroit exact pour qu’à eux six ils formèrent l’apparence de Miranisse. C’est ainsi qu’il reprit vie, plus grand, il atteignit les six pieds, et plus âgé, il semblait avoir quarante ans, mais les survivants le reconnurent, même ceux qui en avaient juste entendu parler. Personne n’osait bouger lorsqu’il se releva. Chacun était comme figé sur place. Il délaissa cette cité meurtrie et ses habitants injustes. C’est ainsi que commença la difficile quête de Miranisse à la recherche de Nomnisse, son père.


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Le Mythe de Miranisse, d’après l’œuvre de Pinclor

Miranisse était l'unique fils de Nomnisse, qui frappa à mort, sans bouger, un danseur maléfique qui lançait des éclairs à chacun de ses mouvements. Nomnisse usa de sa seule langue fourchue pour atteindre sa cible en le persuadant qu’il deviendrait un des plus importants citoyens d’Athènes s’il reniait sa tribu et ses frères. Le danseur, qui se faisait appeler Palvigar, délaissa ces propos, mais Nomnisse en fin stratège savait qu’il avait déjà gagné. Palvigar ne pouvait s’empêcher de penser à sa destinée. Concentré sur sa vie où chacun reconnaîtrait enfin ses talents, il détourna son attention de sa cible et se mit à craindre de perdre ce qu’il n’avait pas encore acquis. Il sua d’une angoisse profonde qui, au bénéfice de Nomnisse, éteignit à petit feu ses éclairs sanguinaires. Lorsqu’il comprit, plutôt que de se laisser prendre et être ridiculisé aux yeux des siens et aux yeux des habitants d’Athènes, il se donna la mort tout en foudroyant Nomnisse d’un regard d’où jaillissait sa plus grande méchanceté et sa plus grande honte. Aussitôt Nomnisse perdit la vue et tout regard critique. Alors, malgré son exploit, il fut le sujet des pires railleries et plaisanteries de ses concitoyens. C’était à celui qui lui ferait boire les plus ignobles breuvages, lui ferait traverser les lieux les plus dangereux, lui mettrait dans son lit les plus viles créatures. Par malheur il s’éprit sans le savoir d’une brebis et ils enfantèrent Miranisse. À la vue de cet être horrible, les voisins de Nomnisse chassèrent Nomnisse et la brebis, puis ils abandonnèrent Miranisse hors d’Athènes dans une grotte du mont Lycabette. Le jour même il fut mangé par une meute de six chiens errants qui acquirent la faculté de comprendre le moindre son émit par un être humain. C'est ainsi que commence le fabuleux mythe de Miranisse.


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