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lundi 26 mars 2007

Damien Smenda et la vérité historique

Né en 1967 à Paris, Damien Smenda est un jeune historien, élève du Pr Henri-Jean Martin et, comme lui, spécialisé dans l'histoire du livre et de l'édition. Son premer ouvrage important, publié en 1997, a été l'histoire de Lectoris, reconstituée notamment grâce aux documents conservés de la Guilde des Copistes Lumineux : Lectoris, une ville où l'écrit fut roi.

Les raisons pour lesquelles Smenda a écrit ce livre sont très personnelles. Orphelin, Damien avait été élevé par sa grand-mère à laquelle il était très attaché. Cette grand-mère, Géraldine Smenda, était née près de Lectoris en 1914. Lorsque la 2e guerre mondiale éclata, elle se trouvait dans la région de Montauban, où elle vivait avec son mari, un réfugié espagnol qui avait émigré pendant la guerre civile, et où son fils Augustin (le père de Damien) naquit en 1940. Restée veuve en 1980, et ayant appris la reconstruction du village, elle revint s'installer à Belon (nom ancien de Lectoris repris après la reconstruction). Quand elle mourut subitement en 1992 dans un accident de voiture, il chercha pendant longtemps comment il pourrait lui rendre hommage et finit par le trouver en s'intéressant à l'histoire de cette ville dont la vieille dame se considérait comme originaire.

Le livre de Damien Smenda contient d'intéressantes mises à jour sur l'histoire de la Guilde telle qu'elle avait été établie par Pierre-Antoine Leokadich, à partir de découvertes de documents inconnus durant la période où celui-ci avait rédigé son ouvrage. Il se montre également assez critique quant aux distorsions de Leokadich qui mélange à la fois ses connaissances antiques sur l’œuvre et la vie de Pinclor et de Péliguon, l’histoire de la ville, la vie de son père Wojciech ainsi que des éléments venus de sa propre imagination.

Après ce livre, Damien Smenda écrivit une étude (publiée en 2002) sur la conception et l'organisation des sciptoria, les ateliers de copistes des monastères au Moyen Age. Depuis quelque temps, et bien que ce sujet sorte de son domaine de spécialité, il prépare un travail sur l'histoire de la ville d'Amoriphonisse.





(à suivre)

Auteur : Fuligineuse

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jeudi 22 mars 2007

Histoire de Marguerite Tiercelan

Marguerite Tiercelan était née à Anizy-le-Château, village proche de Laon et de Lectoris, en 1295. Elle était la plus jeune des filles de Bertrand et Marie Tiercelan, qui avaient six enfants, trois garçons et trois filles. La famille Tiercelan était une lignée de tisserands, apparentée de loin à celle des Jarnisse, originaires de Bourguignon-sous-Montbavin, à une lieue et demie de là (voir le texte "Les cousins ennemis" ). On racontait à la veillée que quelques années auparavant, Bertrand Tiercelan, parti livrer une pièce de drap dans un village voisin en traversant une forêt, avait été suivi par un grand loup gris auquel il avait parlé tout le long du chemin, et qui ne lui avait fait aucun mal. Le tisserand y avait gagné la réputation d'être quelque peu sorcier, et certains le craignaient pour cela. En fait, c'était un homme très doux, silencieux et secret.

Devenue une des plus jolies filles du village, brune aux yeux bleus et aux épaules rondes, Marguerite était très recherchée par les garçons. Elle était très liée à celui de ses frères qui était le plus proche d'elle par l'âge, Jonas, qui travaillait comme apprenti meunier chez Marie du Moulin. Jonas était depuis l'enfance l'ami inséparable des cousins Burlin, Pierre et Mathieu.

(à suivre)



auteur : Fuligineuse

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mercredi 21 mars 2007

Marc-Antoine Leokadich

Né le 17 mars 1909, fils de Wojciech Leokadich et de Krystal Roitelle, il est le frère du nouvelliste Pierre-Antoine Leokadich. Après des études littéraires à l’Université de Bordeaux il y devint professeur agrégé en 1933. Il semblait avoir une vie sans originalité jusqu’au 5 septembre 2006 où il publia son premier roman qui d’après ce qu’il en dit dans la présentation a été écrit en octobre-novembre 1929, lors de la grande crise financière. Optimiste il indique aussi qu’il publiera un livre par mois jusqu’à sa mort. Il créa pour cela sa propre maison d’édition dirigée par l’un de ses petit-fils, Liénard Leokadich. Il nous a donné la liste complète de ses romans et s'y est tenu pour le moment. Jusqu’alors il avait toujours refusé que quelqu’un les lise par crainte d’une mauvaise critique. Cela lui importe peu dorénavant. Il se sent détaché de son œuvre, écrit-il, et vient de décider d’arrêter d’écrire. Il passera le restant de ses jours, espère-t-il, à relire dans le texte les œuvres de Marc-Aurèle, de Montaigne, de Montesquieu, et de Tocqueville.



Liste complète de ses romans

Roman - Année(s) d'écriture - Publication (prévisionnelle)

Ce matin-là - 1929 - septembre 2006
Commerce littéraire - 1930 - octobre 2006
Le cri et le rêve - 1932 - novembre 2006
Petite musique de nuit pour un meurtre au grand jour - 1933 - décembre 2006
Marine(s) - 1934 - janvier 2007
L'offre - 1936 - février 2007
La porte de l'univers - 1938 - mars 2007
Tomber dans un gouffre - 1943 - (juin 2007)
Celle qui avait disparu - 1943-1945 - (juillet 2007)
Au son des lames - 1945 - (août 2007)
Loin de moi-même - 1946 - (septembre 2007)
De la part d'une Martiniquaise - 1947 - (octobre 2007)
Incohérence - 1948 - (novembre 2007)
Prostitution littéraire - 1948 - (décembre 2007)
La chambre vernie - 1950 - (janvier 2008)


auteur : Desman

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Krystal Roitelle

Née le 8 août 1887, elle connut le comte Wojciech Leokadich alors qu’elle travaillait à Laon dans la pharmacie de ses parents. Ils tombèrent éperdument amoureux dès leur première rencontre en janvier 1907. Elle tomba enceinte et accoucha le 19 novembre 1907 d’un garçon qu’elle prénomma Pierre-Antoine. Déçue de voir Wojciech continuer à passer ses journées à la reconstruction de l’ancienne ville de Lectoris, elle mit fin à leur relation le 28 octobre 1908, le jour où elle apprit qu’elle attendait un nouvel enfant. Elle s’installa définitivement à Bordeaux avec Pierre-Antoine et ouvrit une librairie pour le jour du premier anniversaire de celui-ci. Quelques jours avant de mettre au monde son second fils, Marc-Antoine Leokadich le 17 mars 1909, elle se fit remplacer deux semaines par Marie-Julie Chonielle (une amie journaliste qui voulait ressentir la vérité du quotidien, mais c'est son mari, journaliste lui aussi, qui signait les articles qu'elle écrivait). Krystal éleva seule ses deux garçons qui l’aidèrent bientôt à ranger et à présenter les livres qu’elle sélectionnait avec attention.

Elle a disparu le 14 janvier 1943. Certains témoins de l'époque affirment qu'elle fut emmenée par des soldats allemands, d'autres disent qu'il s'agissait de la Milice française. Il semblerait qu'elle ait été dénoncée. Par qui ? Pourquoi ? Si jamais elle fit partie d'une groupe de résistants, personne n'en témoigna. Ses fils pensent qu'elle en était capable. C'est aussi l'avis de Marie-Julie Chonielle qui parle longuement de son amie Krystal Roitelle dans son autobiographie intitulée Marelle bordelaise.



auteur : Desman

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mardi 20 mars 2007

Guilde des Copistes Lumineux (version 1.2)

1. Son histoire


Guilde fondée par un Irlandais nommé Jilleil, à Laon en 1172, suite à la révolte communale de 1112. Elle rassemblait la plupart des copistes et/ou enlumineurs d'Europe qui privilégiaient la copie des ouvrages non exclusivement religieux d'auteurs antiques ou arabes. Ses privilèges s'étendirent jusqu'au sud de l'Italie, dans les pays Scandinaves et jusqu'au Rhin.


La ville de Lectoris devint la principale référence de cette guilde, puis un refuge avant que sa population ne soit décimée en août et septembre 1325 par une épidémie locale d'ergotisme (ou feu de Saint-Antoine) selon les uns, ou par un empoisonnement collectif selon les plus nombreux, dont Érasme. Il est vrai que l'Inquisition menait la vie dure aux membres de cette guilde et luttait par tous les moyens contre ses privilèges. L'assassinat, le 30 juillet 1233, de l'inquisiteur Conrad de Marbourg aurait été un prétexte utile à l'Église pour se débarrasser définitivement de cette guilde devenue trop influente qu'il accusait de cultes secrets. D'après sa théorie, selon laquelle l'homme d'abord s'imagine l'existence de Dieu, puis même s'il s'imagine la non-existence de Dieu, est incapable de se passer de Lui. L'homme a besoin d'un "objet" (ou d'un être) de culte, et donc si ce n'est Dieu, cet homme est un hérétique. Paulinius Zénoble Péliguon accusait Érasme et Guillaume Budé de connivence avec l'Église (qu'ils n'osèrent jamais défier optant pour un réformisme interne) en se démarquant d'un côté du passé de l'Église et de ses actes ignobles durant l'Inquisition, tout en voulant réhabiliter sa crédibilité, et d'un autre côté en niant que nul ne puisse être un érudit vraisemblable s'il nie la foi chrétienne. Étudiant à Oxford en 1474, Péliguon se pencha sur l’histoire de sa guilde et répertoria ses apports directs ou indirects au monde des lettres. Ceux-ci avaient été nombreux, surtout avant l'hécatombe de 1325. Par la suite, et surtout vers le milieu du 15e siècle, sous l’effet des persécutions inquisitoriales, la guilde avait périclité malgré de grandes figures.


C'est Jacques Galustre qui officialisa et réglementa la Grande Connivence, en 1258. Cette charte associa intrinsèquement la guilde des Copistes Lumineux à la ville de Lectoris. Le Haut Maître de la guilde devenait de plein droit le plus haut représentant de la cité. Les membres de la guilde purent surtout sortir de l’ombre.


Suite à l'hécatombe de 1325 la guilde n'eut pas de Haut Maître pendant plus de quatre années. Ce fut Strogald qui s'octroya ce titre, en décembre 1329, sous la pression d'Anaïs Dourille, plutôt que de laisser vacant. Après Strogald (mort en 1382) qu'Anaïs Lectoris obligea à démissionner en 1355, tous les Hauts Maîtres qui se succédèrent jusqu’à Hubert Astermille furent les descendants d'Anaïs.


Vers 1330 Strogald inventa les fibules propres à la guilde afin que les membres puissent se reconnaître. Ceux qui voulurent agir en pleine lumière prouvaient leur appartenance grâce une fibule forgée en différents métaux selon leur position dans la hiérarchie interne. Leur forme de parchemin en partie déroulé permettait d’y inscrire leur nom ainsi qu’une courte citation. Seules deux d’entre elles furent retrouvées, les autres ont dues être fondues pour de multiples raisons. Celle de Valechon est grande et écrite en latin ampoulé qui lui correspond à la perfection : « L’abysse perfectible engendre des îlots d’ignorance irréductibles sous l’emprise de l’inconséquence et de l’indifférence généralisées. » La seconde, signe de l’efficacité de son propriétaire, est celle d’Astermille écrite en grec (koinè). Il s’agit d’une courte citation de Pinclor : « Vivre son œuvre. » Les deux fibules sont dorées en signe de la valeur de leur porteur alors que Valechon ne fut jamais Haut Maître mais Haut Classeur, rôle essentiel mais sans prestige. C'est lui qui organisait l'ordonnancement des œuvres échangées choisis par le Haut Maître et le classement des copies qui arrivaient en grand nombre. Par contre Astermille méritait sa renommée. Il dormait cinq heures par nuit, ce qui lui permettait de consacrer ses talents à persuader les plus érudits de son époque à envoyer à Lectoris des copies des textes les plus importants en leur possession, et surtout à les convaincre de se réunir régulièrement à Lectoris où ils étaient accueillis chichement d’un côté matériel mais avec un grand respect pour leurs savoirs et leurs pensées. L’argent de la cité et de la guilde partait en litres d’encres de différentes couleurs et en parchemins de qualité. Parfois il fallait même payer certaines rares copies essentielles à la réflexion afin de contredire certaines thèses ou afin d’en étayer d’autres.


La guilde disparut à la mort en 1501 de Paulinius Zénoble Péliguon, le dernier des Hauts Maîtres. La corporation des copistes voyait d'ailleurs son importance décliner suite à l'invention de l'imprimerie.



2. Une succession de Hauts Maîtres


Les Hauts Maîtres étaient désignés à vie.


Jilleil, fondateur de la Guilde des Copistes Lumineux, voulait qu’elle lui survive. Il mit en place un système hiérarchique démocratique, la direction étant confiée à un conseil de huit Dignitaires élus tous les trois ans par les membres selon leur origine géographique et dirigés par le Haut Maître. Il instaura aussi mode très clair de succession des Hauts Maîtres. Le choix serait effectué lors d’un vote à la majorité relative du groupe des huit Dignitaires représentant l’ensemble des membres de la Guilde, vote où la voix du Haut Maître en place compterait double. Cette élection aurait lieu chaque année, mais le Haut Maître pouvait un mois plus tard appeler à une nouvelle élection s’il changeait d’avis. C’est suite à des revirements de la sorte que furent désignés Litt vers 1240, Jacques Galustre en 1262 et Flucandre en 1282.


Le grade de Haut Classeur était moins important et quelquefois on n'a pas conservé de trace de leur nomination. Ainsi, on ignore (à ce jour du moins) qui fut nommé Haut Classeur après la mort de Livanne en 1290 et jusqu'à la nomination de Pierre Burlin en 1322. C'est le Haut Maître qui nommait le Haut Classeur à son gré. Aussi cette fonction était très recherchée parmi les jeunes copistes qui venaient adhérer à la Guilde.


En novembre 1311 la donne changea, avec la démission de Flucandre. Certains Dignitaires menés par Bruno Dourille considéraient que son fils Benoît devait accéder à la fonction de Haut Maître comme prévu par l’élection. D’autres considéraient qu’il ne fallait pas tenir compte de l’élection précédente puisque Flucandre en démissionnant avait prouvé qu’il n’était pas digne d’être Haut Maître et qu’il avait forcément donné une mauvaise influence à cette élection. Un débat eut lieu durant des heures. Pour finir une nouvelle élection désigna comme vainqueur Bernard, l’autre fils de Bruno Dourille, avec 3 voix sur 7. Benoît Dourille reçut 2 voix. Pierre et Martin Burlin reçurent une voix chacun, ce qui est étonnant vu leur jeune âge. Par crainte d'une division profonde de la Guilde, les deux frères Dourille s’associèrent alors dans une collégialité respectueuse et furent désignés tous les deux Hauts Maîtres. Mais cette gouvernance bicéphale manquait d’envergure et de pugnacité.


Benoît et Bernard Dourille durent démissionner de leur fonction de Haut Maître en 1322 sous la pression des cousins Burlin qui cette fois surent convaincre les membres de la Guilde des Copistes Lumineux qu'un renouvellement était nécessaire afin de prouver à l'Église que Lectoris n'allait pas céder au pouvoir religieux, par principe. Cette fois l’élection eut lieu avant la démission des Hauts Maîtres qui, honteux, s’abstinrent. C’est ainsi que Pierre Burlin devint Haut Classeur, nommé par son cousin et néanmoins ennemi, le nouveau Haut Maître Martin Burlin, afin de tenter de calmer ses ambitions.


L’hécatombe en 1325, en décimant la population de Lectoris et en la privant de ses plus hauts dirigeants, désorganisa la Guilde des Copistes Lumineux. En décembre 1329, Anaïs Lectoris obligea Strogald à se désigner nouveau Haut Maître de la Guilde en perdition tout en en faisant son jouet. Anaïs Lectoris l’obligea à démissionner en 1355 au profit de sa lignée, qu’elle imposa jusqu’à la désignation en 1424 de son arrière-arrière-petit-fils Hubert Astermille. En 1476, dans une indifférence totale, ce pénultième Haut Maître choisit de son propre chef son successeur, Paulinius Péliguon qui avec sa mort, objet de superstition, mit fin à la Guilde des Copiste Lumineux.


auteur : Desman

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lundi 19 mars 2007

Néobarbarisme (3)

Ici chacun invente un (ou des) néologisme(s) ou barbarisme(s) et/ou une (ou des ) définition(s).

Amabage :
Circonlocution que l'on emploie pour ne pas avouer la véritable motivation d'un acte.

Bibeloter :


Colture :


Crispuration :
Action de se purifier lors d'une crise personnelle

Démaltiplier :
Boire de grandes quantités de whisky pur malt.

Déportiquer :
Changer un document de catégorie.

Détexter :
Continuer à écrire un texte bien qu'on soit persuadé de son total manque de valeur et d'intérêt.

Durvinage :


Frasir (verbe) :


Frénégation :
Négation frénétique de l'évidence.

Interpéleter :
Fournir des interprétations à la pelle, si nombreuses et divergentes que le sens se perd.

Interpetéler :
Confondre une personne dans un lieu public avec une personnalité de la télévision, et l'interpeler.

Interpételer :
Pratiquer des indentations dans le bord d'une pâte à tarte avant de la mettre au four.

Longuin :
Chemin plus long que le direct mais qui vous conduit quand même là où on va. Contraire de raccourci...

Maxillariser :


Privhatiser :


Pyropulence :
Richesse qui se traduit par le goût des feux d'artifice.

Salonité :
Tendance à papillonner dans les salons.

Tropalisme :
Principe de vie consistant à consommer de tout en quantités excessives.



Mots à trouver :

- Indécision au moment du choix du menu.
- Rebondir sur un texte écrit par un autre qui stimule votre imagination.


Auteurs : Fuligineuse, Desman

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dimanche 18 mars 2007

Pierre-Antoine Leokadich (verions 1.2)

(19 novembre 1907- 13 janvier 1977)

Fils du comte Wojciech Leokadich d’origine polonaise, après des études d’archéologie, il reprit les documents de son père et étudia l'oeuvre de Paulinius Zénoble Péliguon sur un plan littéraire et politique. Il voulait faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voyait en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle. Le peu d’éléments dont il disposait pour satisfaire sa curiosité le poussèrent vers l’écriture d’un roman fleuve, Fatum Lectoris ("le destin du lecteur"), qui mélange à la fois ses connaissances antiques sur l’œuvre et la vie de Pinclor et de Péliguon, l’histoire de la ville de Lectoris, la vie de son père ainsi que sa propre imagination.


Devant l’insuccès de ce premier roman, il donna des cours d’histoire et d’archéologie et écrivit des nouvelles qu’il plaçait dans différentes revues littéraires ou non sous différents pseudonymes. Au bout d’une dizaine d’années, il gagna assez d’argent pour se contenter d’écrire pour son propre plaisir. C'est sa jeune épouse Elvira qui s’occupait de trouver des éditeurs pour ses nouveaux textes, qui étaient de plus en plus courts. À la fin de sa vie, il se contentait de nouvelles d’une page ou deux. Il explora, à la manière de Pierre Boulle, tous les genres possibles. Il ne cherchait pas à avoir son propre style. Il cherchait simplement à trouver des histoires et des situations originales. Sa femme ne veut pas divulguer l’ensemble de ses noms d’emprunt. Elle a précisé, lors d’un entretien radiophonique consacré à son mari, qu’elle préparait un dictionnaire exclusivement réservé à ses différents pseudonymes, nouvelles, personnages et autres noms propres utilisés ou inventés, styles, expressions, néologismes… En attendant cet ouvrage, certains jeunes chercheurs en littérature française contemporaine commencent à affiner sérieusement leurs travaux d’études concernant Pierre-Antoine Leokadich. Une émission spéciale diffusée dans "Une vie, une œuvre" sur France-Culture en janvier 1997 lui a été consacrée pour commémorer le vingtième anniversaire de sa mort.


C’est ainsi que nous savons que Pierre-Antoine Leokadich avait commencé à rassembler des éléments pour écrire une histoire complète de la Guilde des Copistes Lumineux, dont Péliguon avait été le dernier Haut Maître. Il s'agissait non seulement de retracer l'histoire globale de la Guilde elle-même, sur l'espace d'environ trois siècles (de 1172 à 1501), mais aussi de raconter la vie de tous les personnages marquants qui en avaient fait partie, à commencer par le fondateur, Jilleil.


Il s'est avéré qu'il utilisait parfois des pseudonymes féminins. Ainsi il a signé sous le nom de "Fuligineuse" différents textes, dont les Lettres décousues de 1951 auxquelles il ajouta une seconde signature, "Desman". Il aimait se démultiplier.


« J'ai beau essayer de me diviser, il arrive un moment où je suis irréductible. » - Interview de 1974


Il avait conçu également le projet d'une encyclopédie imaginaire dont tous les éléments allaient par deux en répondant à des correspondances secrètes qu'il avait établies entre eux. Une ville pouvait être associée à un instrument de musique, un fleuve à une fleur, un livre à un animal, etc. Bien avant l'avènement de l'informatique pour tous, ceci demande à être précisé pour qu'on n'y voie pas une quelconque allusion, il s'était prévu une place dans sa propre encyclopédie en s'associant à un mulot. Au moment de sa disparition, les fiches établies en vue de ce travail étaient au nombre de 4807.


En 1954, Elvira Leokadich retrouva dans de vieux cartons d’anciens cahiers de son mari. Il les relut avec intérêt. Il s’agissait de théories sur de nouvelles formes de démocratie qui lui semblaient primordiales à l’époque et qu’il n’avait jamais approfondies par manque de temps. Il reprit cet idéalisme avec la même passion. Avant de tester ses théories à l’échelle d’une ville ou d’un pays, et étant contre toute forme de révolutions qu’il trouvait toujours hasardeuses, il se limita à quelques très petites entreprises. Son idée maîtresse portait en premier lieu sur un contrôle non exécutoire des décisions du chef d’entreprise par les ouvriers. Il fut déçu de ne trouver qu’une seule entreprise en France où les ouvriers et le patron acceptaient cette idée de transparence totale. Il s’agissait de l’entreprise familiale crée par Nicolas Bridevoix à Autruy-sur-Juine dans le Loiret. Ce garage de cinq ouvriers fonctionnait bien, il est vrai, mais l’arrivée de Pierre-Antoine Leokadich, après un accueil bon enfant, sans dégénérer à un pugilat, aboutit à mettre sur le tapis d’anciennes querelles engendrées par la jalousie ou l’incompréhension. Des demandes d’explication surgirent. Surtout lorsque les ouvriers (dont les deux frères de Nicolas Bridevoix) découvrirent la quantité d’argent investie dans le nouveau matériel d’occasion qu’ils venaient de recevoir. Huit mois plus tard, David et Benoît Bridevoix quittèrent le garage pour fonder le leur dans la commune d’à côté, à Charmont-en-Beauce. Fort de ce succès qu’il cachait aux nouvelles entreprises qu’il prospectait, Pierre-Antoine Leokadich fit le bonheur et le malheur de plus d’une centaine d’ouvriers et de dix-huit patrons. Ses statistiques s’empilaient, ses théories s’affinaient, sa passion augmentait… jusqu’au jour où un patron se vengea physiquement et qu’il se retrouva les jambes brisées sur un fauteuil à roulettes pendant plus d’un an ; ce qui mit fin à ce projet.


Ensuite Pierre-Antoine Leokadich passa de nombreux mois de rééducation à Poschiavo dans les Alpes italiennes pour se muscler les jambes et réapprendre à marcher. Il prit alors goût à la marche et acheta dans la région un chalet très confortable qu’il ne quittait que pour explorer d’autres pays pentus à souhaits. C’est ainsi que, resté très sportif en abordant la septième décennie de son âge, Pierre-Antoine Leokadich mourut au Bhoutan dans un accident de montagne au cours d'un trekking dans l'Himalaya.


auteurs : Desman, Fuligineuse

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La famille Dourille (version 1.2)

Bruno Dourille né en 1235, Haut Classeur de la Guilde des Copistes Lumineux, s’est marié avec Isabelle Plissandre. Ils ont eu cinq fils dont Benoît et Bernard.

Benoît Dourille né en 1260, s’est marié avec Hélène Vilbine. Ils ont eu un quatre fils dont Manassier en mars 1288.

Bernard Dourille né en 1262, s’est marié avec Héloïse Vilbine, sœur d’Hélène. Ils ont eu deux fils et trois filles, dont Éléonore en mai 1288.


Manassier Dourille et Éléonore Dourille ne se sont pas mariés mais ont eu en 1307 une belle enfant malformée prénommée Anaïs. Elle avait une toute petite queue de cinq centimètres comme celle d’un singe. Ses parents l’aimèrent malgré les diatribes des habitants de Lectoris lors de la découverte de ce phénomène. Certains refusèrent que Manassier et Éléonore restent membres de la guilde. Le 28 octobre 1311 après bien des débats et des controverses le Haut Maître Flucandre qui les avait défendus décida, craignant une division profonde au sein de la communauté, de ne pas exclure Manassier et Éléonore mais de chasser Anaïs de Lectoris. À son grand regret ce fut la seule solution qu’il trouva. Manassier et Éléonore emmenèrent Anaïs en des contrées éloignées et cachèrent l’appendice objet de leur malheur à eux trois. En tant que parents ils auraient bien coupé cette queue inutile mais ils avaient peur d’une hémorragie mortelle.

En novembre 1311, suite à ce départ, le Haut Maître Flucandre démissionna et ce furent les frères Dourille (Benoît et Bernard) qui le remplacèrent au sein d’une collégialité efficace mais sous l'influence grandissante de l'Église. Ils lancèrent aussitôt des recherches secrètes pour retrouver leurs enfants rejetés. Au bout de cinq années ils abandonnèrent ces recherches et se concentrèrent à nouveau sur le développement de Lectoris et de la Guilde. Pendant ce temps Anaïs Dourille grandissait dans le petit village de Rothenburg (maintenant ville de Rothenburg ob der Tauber) en Bavière.

Benoît et Bernard Dourille durent démissionner de leur fonction de Haut Maître en 1322 sous la pression de la famille Burlin qui sut convaincre les membres de la Guilde des Copistes Lumineux qu'un renouvellement était nécessaire afin de prouver à l'Église que Lectoris n'allait pas céder au pouvoir religieux, par principe. Pierre Burlin devint Haut Classeur et Martin Burlin son cousin et néanmoins ennemi le Haut Maître.


Lorsqu’Anaïs fut en âge de raison, tant elle posait de questions, ses parents lui expliquèrent leur départ de Lectoris. Elle se promit de les venger ! Elle fit tout pour éviter que quelqu’un apprenne sa malformation, ce qui ne fut pas facile à cause des garçons qui lui tournaient autour. Avec son caractère et sa haine pour tout bagage, Anaïs quitta à 17 ans le village de Rothenburg pour rejoindre Lectoris, laissant une lettre à ses parents qui se mirent en chemin pour la rattraper et l’empêcher d’atteindre son but. Anaïs était si discrète qu’ils perdirent sa piste dès la première semaine. Ils accélérèrent le pas pour arriver rapidement. C’est ainsi qu’ils la devancèrent et furent accueillis à Lectoris par des sourires crispés. Tous voulaient savoir ce qu’il était advenu à leur fille munie de son appendice caudal.


Anaïs Dourille, pendant que ses parents tentaient une fois de plus d’argumenter en sa faveur, trouvait des difficultés à rejoindre Lectoris à cause de sa beauté et de sa féminité. Elle décida donc de s’habiller en homme et de changer sa voix ainsi que ses manières. Fin août 1325, à mesure qu’elle avançait vers Lectoris, elle apprenait de mieux en mieux que la cité avait été touchée par le feu de Saint-Antoine, qu’il ne fallait pas y aller, que la ville de Lectoris était maudite. Lorsqu’elle arriva, elle força les doubles barrières qui ceinturaient la cité. Celles installées par les habitants des alentours qui voulaient interdire aux Lectoriens de sortir et de propager la maladie, et celles intérieures pour faire obstacle à ceux qui auraient voulu entrer et retrouver une femme, un ami ou un frère. Anaïs retrouva sa mère morte et son père agonisant. Il lui fit promettre de quitter la ville sans attendre afin de revenir dès que la maladie aurait quitté ce lieu. Il fallait qu’Anaïs vive pour réorganiser la Guilde des Copistes Lumineux et repeupler Lectoris. La population de Lectoris fut décimée entièrement, y compris les cousins Burlin.


Anaïs Dourille se fit dorénanvant appeler Anaïs Dourille Lectoris mais tous la nommèrent Anaïs Lectoris. Elle passa les vingt années suivantes à faire des enfants (dont aucun ne reçut en héritage sa malformation) et à correspondre avec les différents membres de la Guilde afin de les motiver à poursuivre leur tâche. C’est elle qui contacta Strogald dans la ville libre d’Augsbourg près de Munich. Anaïs força Strogald à se décerner lui-même le titre de Haut Maître en décembre 1326. En réalité c’est elle qui dirigea la Guilde. Elle plaça ses enfants devenus adultes dans les plus hautes fonctions de celle-ci. Sa régence choqua plus d’un membre de la Guilde mais elle avait su devenir indispensable et à moins de créer un ‘‘schisme culturel et hors de toute religion’’ personne n’aurait pu agir sans son consentement.


Les noms des enfants d'Anaïs Lectoris (onze garçons et une seule fille) furent Paulin (dit Geoffroy) de Fenzac, Baudouin Lanturnier, Lazare Rossav, Nestor Padidolie, Aubin Rozac, et puis de son dernier amant nommé Astermille : Irénée, Marcellin, Pacôme, Constantin, Médard, Ulrich (en souvenir d'un de ses camarades allemands) et Rosalie.


Après Strogald (mort en 1382) qu'Anaïs Lectoris obligea à démissionner en 1355, tous les Hauts Maîtres qui se succédèrent jusqu’à Hubert Astermille furent ses descendants. Elle mourut en 1424 à presque 120 ans. C'est son fils Paulin de Fenzac dit Geoffroy de Fenzac qui devint Haut Maître sous sa bénédiction en 1355. Il mourut dès 1357 d'une indigestion. Anaïs le remplaça par un autre de ses fils, Baudoin Lanturnier qui se noya en 1366. Elle le remplaça par l'un de ses petits-fils, Mathurin Rossav qui ne voulait pas de la place, par peur d'un châtiment. Il se cacha de son mieux et laissa Anaïs Lectoris diriger ouvertement la Guilde. Il tenta de se suicider en 1406, ce qui exaspéra Anaïs qui le remplaça par Richard Pididolie, l'un de ses arrières-petits-fils. Il garda le titre 4 ans avant de mourir empoisonné en 1410. Anaïs Lectoris lui choisit pour successeur un autre de ses arrières-petits-fils, Gilbert Rozac qui fut poignardé par un fou en 1423. Cette année-là, ce fut l'un des arrières-arrières-petit-fils d'Anaïs Lectoris, Enguerrand Prospirac, qui fut contraint de prendre le titre de Haut Maître. Il fut empoisonné un an plus tard. Seul Hubert Astermille accepta de suivre les dernières directives d'Anaïs Lectoris qui mourut de vieillesse quelques jours plus tard. Hubert Astermille désespéré de voir la Guilde se démanteler un peu plus chaque année. Dès qu'il fit connaissance de Paulinius Péliguon il sut qu'il serait le prochain Haut Maître, le seul compétant et assez passionné pour revitaliser les branches mortes de la Guilde. Il céda en 1476 la place à Péliguon qui devint ainsi le plus jeune Haut Maître de l'histoire de la Guilde des Copistes Lumineux. Ce dernier occupa cette fonction jusqu'à sa mort en 1501. Malheureusement, la Guilde ne lui survécut pas.


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Anthelme Courbedanse (version 1.2)

Né à Paris en 1413, ce jeune étudiant peu studieux, fit partie moins d’une année de la Guilde des Copistes Lumineux. Après s’être essayé aux miracles et aux mystères, il rejoignit la confrérie des « Scolastiques Irrévérents » où se réunissaient des étudiants des quatre grandes nations de l’université de Paris que sont la Normandie, la France, la Picardie et l’Angleterre. Il excellait dans ses rôles de fous des soties puis se passionna pour la farce, plus construite et frappant le cuistre avec plus de discernement et de précision. Ses talents d’acteur attirèrent d’autres étudiants qui pensaient plus à s’amuser qu’à poursuivre leurs efforts liés aux études.


Il s’essaya sans succès aux virelais et rondeaux polyphoniques. Il ne devait pas posséder l’oreille musicale. Il affectionnait les mots et se concentra sur leur sens. La richesse des dialogues et de leurs interprétations le distingua de ses contemporains. Chacune de ses œuvres, de par leurs polysémies, offraient plusieurs niveaux d’écoute et chacun y trouvait les pensées grossières ou les subtilités qu’il méritait. Il fut invité dans différentes cours mais Paris avait sa préférence. Vers 1432, s’inspirant de ce qu’il pouvait imaginer d’un éventuel voyage en de lointaines contrées et des mœurs en usage, il créa une sotie, Le vainqueur esseulé moquant un jeune prétentieux qui arriverait en territoire conquit sans en connaître, ni la langue, ni les coutumes. Il épuiserait ses concurrents les uns après les autres jusqu’au jour où, satisfait de son ultime performance, il serait devenu son seul auditeur tant ses paroles seraient devenues hermétiques.


En 1437 il épousa Cornélie Lessaffre, une étudiante Normande admirative. Leur passion s’interrompit en 1479 lorsqu’elle mourut d’un mal inconnu. Dans l'impossibilité de créer de nouvelles farces il se força à jouer. Il reprit d’anciennes soties parmi les plus vulgaires où il semblait littéralement être devenu fou. Son chagrin cessa en 1485, le jour où il se mit en tête de créer une œuvre où il imbriqua avec habilité des pastourelles crues et des ballades à l’amour courtois. Il nomma cet ensemble inattendu Les affres de l’amour.


Incapable de se contenter des histoires mille fois jouées, Courbedanse inventait des intrigues tirées de ses expériences passées. C’est ainsi que sa confrérie joua la farce Le Copiste Éclairé dès 1435, qui tailla une renommée définitive à la déclinante Guilde des Copistes Lumineux. Il y joua son propre rôle à la fois naïf et désinvolte, mettant à mal les contradictions flagrantes et les prétentions passéistes de cette guilde. Ce succès lui valut une protection de l’Église qu’il accepta plusieurs années. Un jour Courbedanse rencontra Hubert Astermille, le Haut Maître de cette guilde, qui lui donna une leçon magistrale sur sa couardise et sur les méfaits qu’il avait occasionnés. Il créa une nouvelle farce plus cinglante centrée sur cet épisode, tout en commençant à assimiler que ce qui avait le plus de succès auprès du public était la distinction entre la foi et la religion. Ses farces suivantes continrent toutes un homme d’église, qu’il fût moine ou évêque. Courbedanse se rangeait toujours au plus près des idées papales afin de sauvegarder ce pouvoir de critique acerbe.


Ce n’est qu’à la fin de sa vie, en 1489 que Courbedanse, avec la farce Privilèges palpables, s'offrit le luxe de se moquer directement du pape et de sa fonction privilégiée, trahissant ses propres convictions. Il devint aussi célèbre que ses farces, et le pape Innocent VIII plutôt que d’en faire un martyr, préféra le laisser mourir de vieillesse. Pour le bonheur du nouveau pape Alexandre VI, c'est ce qui advint en 1498 quand Courbedanse mourut d'une crise cardiaque pendant qu’il répétait une nouvelle farce, directement inspirée par le Nouveau Monde qui lui offrait une source d’inspiration qu’il disait inépuisable. Il aurait voulu vivre cent ans de plus pour laisser à de plus énergiques que lui les rôles principaux qu’il s’attribuait et pouvoir créer, sans pause, farce après farce.


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Lectoris (version 1.3)

Lectoris est un village de la Thiérache en Picardie. Il abandonna son ancienne appellation de Belon en 1153 sous l'impulsion de la guilde des Copistes Lumineux.



Ce village de 152 habitants aujourd'hui connaît l'histoire de cette ancienne cité qui atteignit dix mille habitants avant la grande hécatombe. Il ressort des écrits de Paulinius Zénoble Péliguon que cette ville (où il est mort) qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs, disparut très rapidement au 13e siècle. La ville de Lectoris devint la principale référence de la guilde des Copistes Lumineux, puis un refuge avant que sa population ne soit décimée en août et septembre 1233. Officiellement, une épidémie locale d'ergotisme décima sa population, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville.

C'est Jacques Galustre qui officialisa et réglementa la Grande Connivence, en 1258. Cette charte associa intrinsèquement la guilde des Copistes Lumineux à la ville de Lectoris. Le Haut Maître de la guilde devenait de plein droit le plus haut représentant de la cité. Les nombreuses copies de textes envoyés par les membres de la guilde depuis les quatre coins de l’Europe et parfois même d’Orient vers Lectoris n’eurent plus à être cachées. Jacques Galustre améliora le système des transmissions. Elles furent protégées par un sceau dont chacun respectait la confidentialité. Cependant de nombreux anciens copistes de la guilde gardèrent leur habitude d’une transmission discrète.

Curieusement, le parchemin de la Grande Connivence n'est pas conservé à Lectoris, mais se trouve à Tours, à la suite de bouleversements dont le fil a été perdu au cours des siècles.



Au centre de Lectoris se trouvait une fontaine que l'on pouvait apercevoir du haut de la colline située au nord. Le système utilisait l'eau d'une source généreuse en quantité mais que personne n'osait détourner par superstition. Lavoulette, le disciple de Péliguon, a affirmé que cette fontaine fonctionnait encore en 1501. Elle mesurait trois mètres de hauteur et était située sur la grande place où toutes les rues de la ville convergeaient. C'est l'œuvre de Villard de Honnecourt, au début du XIIIe siècle. Il avait aussi insisté auprès de Geoffroy de Fenzac pour édifier, puisqu'on lui refusait de construire le moindre bâtiment religieux, un lieu de convivialité et de culture. Aussi avait-il prévu d'élever, à côté de cette fontaine, une immense construction avec une salle entourée de petites pièces où chacun aurait pu s'isoler.

Malgré leurs différends, le Haut Classeur Pierre Burlin et son cousin le Haut Claseur Martin Burlin jouèrent un rôle déterminant en s'alliant dans les années qui ont précédé la fin de Lectoris en 1325 en défendant les privilèges de la ville et de la guilde contre les tentatives insidieuses des successeur de l'inquisiteur Conrad de Marbourg, assassiné en juillet 1233. L'Église soupçonnait la Guilde des Copistes Lumineux d'être les commanditaires de cet assassinat. Les Hauts Maîtres de la guilde concentrèrent leurs efforts sur cette querelle manifeste avec l'Église. Sans cet épisode de 1233, Lectoris aurait construit la plus grande bibliothèque de l'époque. Seuls trois plans, retrouvés et publiés par Péliguon, nous sont parvenus.



Cette ville a été mise en quarantaine et évitée durant des siècles, jusqu’à ce que Wojciech Leokadich, un richissime aristocrate Polonais, rachète à l’État français l’ensemble des propriétés la composant en 1889. Il s’installa dans la plus belle bâtisse mais trouva nul ouvrier courageux afin de réaménager les constructions délabrées. Pendant trente-deux années il se fit donc charpentier, couvreur, plombier, ébéniste, etc.

Si l’on en croit ses délires sur un lit de l’hôpital, il passait chaque jour devant l’énigmatique statue de marbre blanc protégée des intempéries par une fine matière qui lui renforçait son éclat. Cette femme nue bien humaine à l’aspect divin resplendissait aux rayons des lumières nocturnes ou diurnes. Il en était tombé amoureux. Dès qu’il se réveillait, il ouvrait les persiennes et lui parlait, lui racontait ses rêves et semblait écouter les siens. Après une toilette rapide et glaciale dans la fontaine il caressait ce corps et lui susurrait des insanités avant de s’accoupler à elle depuis qu’il avait découvert que le sexe de cette statue, malgré sa dureté offrait une légère ouverture suffisante pour y pénétrer deux doigts ou même son propre sexe. Il suffisait d’un peu de lubrifiant pour y jouir pleinement, agrippé à ce corps si fort et délicat. Lorsqu’il œuvrait à la régénération de Lectoris, il savait qu’elle n’était pas loin, à le regarder et à l’encourager.

Nous savons grâce à son fils Pierre-Antoine Leokadich que Wojciech Leokadich chercha à savoir qui avait érigé cette magnificence au cœur de Lectoris. Personne ne sait qui elle représentait mais Wojciech et son fils étaient persuadés qu’il s’agissait d’une splendide représentation d’Anaïs Dourille, dite Anaïs Lectoris, la figure la plus emblématique de la Guilde des Copistes Lumineux bien que n’y ayant jamais fait partie. Leur principal argument était une légère excroissance caudale quasi invisible au premier regard. Pierre-Antoine Leokadich chercha sans succès à comprendre par qui, quand, comment et pourquoi cette statue fut façonnée et installée à Lectoris alors que la ville avait été mise en quarantaine depuis la grande hécatombe de 1325, et qu’avant cette année-là les Lectoriens rejetaient la présence d’Anaïs Lectoris dans leur cité et l’en avaient même chassée.

Après sa mort dans un hôpital en octobre 1921, une autopsie fut demandée par le préfet de la région et comme nulle trace de poison ne fut trouvée, l’État français racheta cette propriété à ses héritiers et transforma, avec l’aide des habitants rassurés des alentours, la ville en un musée grandeur nature selon les projets du comte Leokadich, basés sur les descriptions détaillées des livres de Péliguon.



Lectoris fut "miraculeusement" épargnée par les combats de la première Guerre Mondiale et détruite lors de la seconde. Un village fut reconstruit sur le site en 1953. Il prit le nom de Belon par superstition


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samedi 17 mars 2007

La famille Dourille (2)

Lorsqu’elle fut en âge de raison, tant elle posait de questions, ses parents lui expliquèrent leur départ de Lectoris. Elle se promit de les venger ! Elle fit tout pour éviter que quelqu’un apprenne sa malformation ce qui ne fut pas facile à cause des garçons qui lui tournaient autour. Avec son caractère et sa haine pour tout bagage Anaïs quitta à 17 ans le village de Rothenburg pour rejoindre Lectoris, laissant une lettre à ses parents qui se mirent en chemin pour la rattraper et l’empêcher d’atteindre son but. Anaïs était si discrète qu’ils perdirent sa piste dès la première semaine. Ils accélérèrent le pas pour arriver rapidement. C’est ainsi qu’ils la devancèrent et furent accueillis à Lectoris par des sourires crispés. Tous voulaient savoir ce qu’il était advenu à leur fille munie de son appendice caudal.

Anaïs, pendant que ses parents tentaient une fois de plus d’argumenter en sa faveur, trouvait des difficultés à rejoindre Lectoris à cause de sa beauté et de sa féminité. Elle décida donc de s’habiller en homme et de changer sa voix ainsi que ses manières. Fin août 1325, à mesure qu’elle avançait vers Lectoris elle apprenait de mieux en mieux que la cité avait été touchée par le feu de Saint-Antoine, qu’il ne fallait pas y aller, que la ville de Lectoris était maudite. Lorsqu’elle arriva força les doubles barrières qui ceinturaient la cité. Celles installées par les habitants des alentours qui voulaient interdire aux Lectoriens de sortir et de propager la maladie, et celles intérieures pour faire obstacle à ceux qui auraient voulu entrer et retrouver une femme, un ami ou un frère. Anaïs retrouva sa mère morte et son père agonisant. Il lui fit promettre de quitter la ville sans attendre afin de revenir dès que la maladie aura quitté ce lieu. Il fallait qu’Anaïs vive pour réorganiser la Guilde des Copistes Lumineux et repeupler Lectoris.

Elle passa les vingt années suivantes à faire des enfants (aucun ne reçu en héritage sa malformation) et à correspondre avec les différents membres de la Guilde afin de les motiver à poursuivre leur tâche. C’est elle qui contacta Strogald dans la ville libre d’Augsbourg près de Munich. Anaïs força Strogald à se décerner lui-même le titre de Haut Maître en décembre 1326. En réalité c’est elle qui dirigea la Guilde. Elle plaça ses enfants devenus adultes dans les plus hautes fonctions de celle-ci. Sa régence choqua plus d’un membre de la Guilde mais elle avait su devenir indispensable et à moins de créer un ‘‘schisme culturel et hors de toute religion’’ personne n’aurait pu agir sans son consentement.

Tous les Hauts Maîtres qui se succédèrent jusqu’à Astermille descendaient d’Anaïs Dourille.


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vendredi 16 mars 2007

La famille Dourille

Bruno Dourille né en 1235, Haut Classeur de la Guilde des Copistes Lumineux, s’est marié avec Isabelle Plissandre. Ils ont eu cinq fils dont Benoît et Bernard.

Benoît Dourille né en 1260, s’est marié avec Hélène Vilbine. Ils ont eu un quatre fils dont Manassier en mars 1288.

Bernard Dourille né en 1262, s’est marié avec Héloïse Vilbine, sœur d’Hélène. Ils ont eu deux fils et trois filles, dont Éléonore en mai 1288.

Manassier Dourille et Éléonore Dourille ne se sont pas mariés mais ont eu en 1307 une belle enfant malformée prénommée Anaïs. Elle avait une toute petite queue de cinq centimètres comme celle d’un singe. Ses parents l’aimèrent malgré les diatribes des habitants de Lectoris lors de la découverte de ce phénomène. Certains refusèrent que Manassier et Éléonore restent membres de la guilde. Le 28 octobre 1311 après bien des débats et des controverses le Haut Maître Flucandre qui les avait défendus décida, craignant une division profonde au sein de la communauté, de ne pas exclure Manassier et Éléonore mais de chasser Anaïs de Lectoris. À son grand regret ce fut la seule solution qu’il trouva. Manassier et Éléonore emmenèrent Anaïs en des contrées éloignées et cachèrent l’appendice objet de leur malheur à eux trois. En tant que parents ils auraient bien coupé cette queue inutile mais ils avaient peur d’une hémorragie mortelle.

En novembre 1311, suite à ce départ, le Haut Maître Flucandre démissionna et ce furent les frères Dourille (Benoît et Bernard) qui le remplacèrent au sein d’une collégialité efficace. Ils lancèrent aussitôt des recherches secrètes pour retrouver leurs enfants rejetés. Au bout de cinq années ils abandonnèrent ces recherches et se concentrèrent à nouveau sur le développement de Lectoris et de la Guilde.

Pendant ce temps Anaïs Dourille grandissait dans le petit village de Rothenburg (maintenant ville de Rothenburg ob der Tauber) en Bavière.


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jeudi 15 mars 2007

Anthelme Courbedanse

Né à Paris en 1413, ce jeune étudiant peu studieux, fit partie moins d’une année de la Guilde des Copistes Lumineux. Après s’être essayé aux miracles et aux mystères, il rejoignit la confrérie des « Scolastiques Irrévérents » où se réunissaient des étudiants des quatre grandes nations de l’université de Paris que sont la Normandie, la France, la Picardie et l’Angleterre. Il excellait dans ses rôles de fous des soties puis se passionna pour la farce, plus construite et frappant le cuistre avec plus de discernement et de précision. Ses talents d’acteur attirèrent d’autres étudiants qui pensaient plus à s’amuser qu’à poursuivre leurs efforts liés aux études.

Incapable de se contenter des histoires mille fois jouées, Courbedanse inventait des histoires tirées de ses expériences passées. C’est ainsi que sa confrérie joua la farce « Le Copiste Éclairé » qui tailla une renommée définitive à la déclinante Guilde des Copistes Lumineux. Il y joua son propre rôle à la fois naïf et désinvolte, mettant à mal les contradictions flagrantes et les prétentions passéistes de cette guilde. Ce succès lui valut une protection de l’Église qu’il accepta plusieurs années. Un jour Courbedanse rencontra Saclampian, le Haut Maître de cette guilde, qui lui donna une leçon magistrale sur sa couardise et sur les méfaits qu’il avait occasionnés. Il créa une nouvelle farce plus cinglante centrée sur cet épisode, tout en commençant à assimiler que ce qui avait le plus de succès auprès du public était la distinction entre la foi et la religion. Ses farces suivantes continrent toutes un homme d’église, qu’il fût moine ou évêque. Courbedanse se rangeait toujours au plus près des idées papales afin de sauvegarder ce pouvoir de critique acerbe.

Ce n’est qu’à la fin de sa vie, en 1489 que Courbedanse s’offrit le luxe de se moquer directement du pape et de sa fonction privilégiée, trahissant ses propres convictions. Il devint aussi célèbre que ses farces, et le pape Innocent VIII plutôt que d’en faire un martyr, préféra le laisser mourir de vieillesse. Pour le bonheur du nouveau pape Alexandre VI, c'est ce qui advint en 1498 quand Courbedanse mourut d'une crise cardiaque pendant qu’il répétait une nouvelle farce, directement inspirée par le Nouveau Monde qui lui offrait une source d’inspiration qu’il disait inépuisable. Il aurait voulu vivre cent ans de plus pour laisser à de plus énergiques que lui les rôles principaux qu’il s’attribuait et pouvoir créer, sans pause, farce après farce.


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Qui était Obbyz ?

Vratislav Milos Obbyzevkov, dit Obbyz, était né vers 1145 ou 1150 en Bohême dans la petite ville de Strakonice, qui commençait alors, au début du 12e siècle, à prendre de l’importance. Ses parents étaient des paysans, Josef Obbyzevkov et son épouse Libuse. On sait très peu de choses de ses jeunes années. Il est probable qu’il étudia au séminaire pour devenir moine, et y apprit l’art de l’écriture. Mais il quitta son pays natal avant son vingtième anniversaire et parcourut à pied une grande partie de l’Europe, ne laissant guère la poussière s’accumuler sur ses bottes. Il arriva à Laon vers 1170 et y vécut de petits travaux de copie en latin, langue qu’il maitrisait fort bien. C’était un homme sec, brun, grand et maigre, et quelque peu misanthrope. Il vivait assez isolé et ne lia d’amitié qu’avec quelques autres copistes et notamment Jilleil, l’Irlandais, établi dans la région quelques mois après lui. Ensemble, ils élaborèrent le concept de la Guilde des Copistes Lumineux, à partir d’une organisation similaire qu’Obbyz avait vu fonctionner en Lombardie. Obbyz s’habillait toujours de noir ; il avait dans la région une réputation de grande érudition et en même temps il était soupçonné de sorcellerie. On ne lui connaissait aucune fréquentation féminine et cela aussi le rendait suspect aux yeux des Picards.


auteur: Fuligineuse


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mardi 13 mars 2007

Camille de Carnabie

(1938- )

Cette poétesse est davantage connue pour ses deux essais féministes que pour ses poèmes. Sa virulence se déchaîne aussi bien contre les hommes dominateurs que contre les femmes soumises. Son premier essai, publié en 1967, intitulé Refellation autoanalyse la découverte de son homosexualité. À cette date elle avait su user d’ironie et le ton était très enjoué malgré la description crue de sa jeunesse marquée par une situation difficile à assumer. « Le 18 mars 1966 j’ai eu la révélation de mon homosexualité comme d’autres ont eu la révélation de leur foi religieuse, alors qu’elle était en moi avant même ma naissance et que je n’arrivais pas à admettre à cause du moule culturel imposé par la société pour se maintenir. »

Elle divorça dès que possible sans révéler à son mari son homosexualité pour deux raisons. La première était d’obtenir la garde de ses trois filles qu’elle adorait. La deuxième raison était de ne pas tuer son mari psychologiquement en lui ‘’avouant’’ qu’en plus d’être trompé pour une histoire sans lendemain, il l’avait été à cause d’une femme. Mais le bonhomme était plus solide que prévu. Il se remit de son trouble puis il se mit à harceler Camille de Carnabie non pour qu’elle revienne dans ses bras mais pour lui faire payer cette rupture. Ainsi il faisait exprès chaque jour de la croiser en compagnie d’une nouvelle femme. C’est pour le punir qu’elle écrivit son essai en parlant d’elle à la première personne. Elle révéla les moindres défauts de son mari ainsi que les expériences sexuelles qu’elle s’était forcée à accepter dans la naïveté de son inexpérience. Après avoir eu de nombreuses conquêtes masculines, elle se rendit compte qu’elle ne se sentait bien que dans les bras d’une femme.

Son deuxième essai, La femme phallique, est plus récent. Il a paru en 1983. Cette fois elle témoigne à la place des prostituées proprement dites et pour les prostituées inavouées que sont les femmes qui de nos jours sont encore obligées de se soumettre à leur mari alors qu’elles travaillent, gagnent moins d’argent à qualification égale, s’occupe encore majoritairement des enfants et des tâches ménagères, malgré de faibles progrès. « L’homme a attendu l’invention de la machine à laver pour commencer à s’occuper de laver le linge. L’homme attendra-t-il le robot amoureux pour assouvir sa femme ? » Après cet essai aigri, elle sombra dans une décadence et une dépression l’empêchant de poursuivre sa passion qui était depuis sa jeunesse d’écrire de nouveaux poèmes. Elle renia même ses plus beaux vers et surtout celui-ci qu’elle fustigea dans La femme phallique : « Tu seras toute ma vie et ma dernière seconde. » et qu’elle mit en tête de ses anciens poèmes reniés publiés en 1985 sous le titre Paroles mortelles.

Elle vit de nos jours avec Claude Barbotin (sœur d'Élvira Leokadich, elle fut la belle-sœur de l’écrivain Pierre-Antoine Leokadich ) qui joua un rôle non négligeable dans l’éducation des trois filles de Camille de Carnabie.


auteur : Desman


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Elvira Leokadich

(1940-)

Née Pauline Barbotin, cette femme qui n'est que la fille de Félicien Barbotin et d’Évelyne Pouillot, se serait voulue d'origine portugaise et descendante d'un homme illustre. Aussi se fit–elle appeler Elvira dès ses 8 ans.

Elle épousa Pierre-Antoine Leokadich en 1961 le jour de ses 21 ans. Dès cette date elle devient la secrétaire personnelle de son mari et son agent littéraire. Lors d’un entretien radiophonique consacré à son mari et diffusé dans "Une vie, une œuvre" sur France-Culture en janvier 1997 pour commémorer les vingt ans de sa mort, elle a précisé qu’elle préparait un dictionnaire exclusivement réservé à ses différents pseudonymes, nouvelles, personnages et autres noms propres utilisés ou inventés, styles, expressions, néologismes…

Elvira Leokadich vient de publier en février 2007 le journal intime de son propre père : Les cahiers de l'horloge assoiffée, aux Éditions du Pic Épeiche, où l’on découvre le regard jubilatoire d'un homme étonnant sur sa propre vie d’une banalité déconcertante.


Auteur : Desman


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Histoire de Claude Barbotin, photographe

Née en 1943, la fille cadette de Félicien Barbotin fut dès son plus jeune âge un garçon manqué. Alors que sa sœur aînée Pauline se rebaptisait Elvira et s’inventait un destin romanesque (qu’elle devait réaliser en épousant un intellectuel connu, Pierre-Antoine Leokadich), Claude ne rêvait que plaies et bosses. Elle réagissait vivement à la ségrégation entre garçons et filles qui régnait à cette époque dans les écoles et aurait voulu être inscrite dans une classe de garçons.

Au début des années 60, après avoir bourlingué quelque temps en Europe, puis au Canada et aux Etats-Unis, en pleine période beatnik, Claude Barbotin rencontra le photographe vénézuélien José Maria Henriquez Celanardo et ce fut une révélation. Elle apprit de lui les rudiments de la technique photographique et commença à s’exercer sur la sculpture et l’architecture à Caracas. Revenue en France peu avant ses trente ans, elle fit de la photographie son gagne-pain et s’imposa comme photographe du patrimoine dans des missions officielles. Elle travaille toujours en noir et blanc et avec une grande précision, préparant ses expéditions photographiques avec une grande minutie.

Les deux sœurs sont plus ou moins brouillées, Claude n’ayant pas caché à son entourage que le personnage joué par Elvira de « veuve de grand homme » lui semblait exaspérant. Elle-même vit avec une autre femme, une poétesse dépressive et décadente, Camille de Carnabie.


auteur: Fuligineuse


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lundi 12 mars 2007

Paulinius Zénoble Péliguon (version 1.3)

(février 1448 – 11 février 1501)

Sa vie

Né à Gravelines près de Calais, cet humaniste athée fut le dernier membre important de la guilde des Copistes Lumineux. Il était issu d’une famille de pêcheurs. Malgré son absence de foi, son père lui ordonna d’utiliser au mieux sa curiosité d’esprit et sa grande mémoire. À contrecoeur, préférant rester auprès de sa mère, il devint moine à l’abbaye de Saint-Riquier. Il y fit connaissance d’Astermille qui lui apprit l’existence de la guilde des Copiste Lumineux. Sous l’influence de ce Haut Maître il devint bientôt un de ses plus actifs adeptes en recopiant chaque nuit des œuvres d’auteurs qui lui étaient inconnus. Il quitta ce lieu en 1473, date de la construction d’un palais abbatial qui symbolisait à ses yeux l’opulence infertile des abbés et des moines plus centrés sur leur confort que sur l’érudition. Il alla rendre visite à sa mère qu’il n’avait pas vue depuis des années. Elle avait tant vieilli qu’il ne la reconnut pas au premier coup d’œil. Le connaissant par cœur, elle lui fit promettre de conserver son petit air moqueur et sa soif de savoir. Elle lui donna une bourse bien remplie afin qu’il aille étudier à l’université de Paris. Il préféra Oxford, où il arriva en 1474.

Péliguon a entamé une œuvre à jamais inachevée qui se voulait la description la plus fidèle possible de Lectoris, une ville d’environ dix mille habitants dont il a commencé à détailler l’histoire familiale de ses principaux représentants et figures marquantes. Il ressort de ses écrits que cette ville qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs. Officiellement une épidémie locale d'ergotisme décima sa population en 1233, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville. Paulinius Zénoble Péliguon était un des rares à accorder crédit à cette thèse qu’il étaya jusqu’à sa mort, alors que la plupart des savants de l’époque, sous l’influence de Guillaume Budé, affirmèrent qu’il s’agissait d’un empoisonnement de grande envergure. Cette théorie du complot horripilait Péliguon qui allait à contre-courant en contredisant Budé et même Érasme sur la symbolique des œuvres de Pinclor.

Péliguon considérait Pinclor comme un auteur majeur de l’Antiquité. Il dénichait le moindre écrit portant le nom de ce polygraphe grec. Ainsi tout ce que nous savons aujourd’hui de Pinclor, nous le devons aux ouvrages que Péliguon a publiés de son vivant. Ce dernier mourut bien avant ses contradicteurs leur laissant la possibilité d’imposer leurs suppositions à l’ensemble des érudits de l’époque et jusqu’à nos jours. En 1503 sa seule et unique fille, Zénobie, mourut et perdit une grande partie des écrits de son père, notamment les ouvrages que celui-ci avait collationnés, alors qu’elle traversait la Manche dans le but d’éduquer Henri VIII, héritier du trône d’Angleterre.

À partir des quelques textes de Péliguon qui nous sont parvenus, le comte d'origine polonaise Wojciech Leokadich, qui avait racheté en 1889 l'essentiel des bâtiments restants sur le site abandonné de Lectoris, établit des plans détaillés pour reconstruire la ville et lui redonner sa splendeur passée. Il s'est appuyé notamment sur le mémoire intitulé Description fidèle et complète de la grande et noble cité de Lectoris en Thiérache pour servir à l'éducation des peuples à venir, que Péliguon écrivit vers 1498. A son tour le fils de Wojciech Leokadich, Pierre-Antoine (1907-1977), étudia l'oeuvre de Péliguon mais sur un plan littéraire et politique, voulant faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voir en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle.

Péliguon, comme ses prédécesseurs au sein de la guilde des Copiste Lumineux, voyait en Lectoris la ville d’où aurait dû et pu jaillir un bien-être futur. Cette concentration d’érudits résidant sur place ou de passage favorisait un brassage des cultures et permettait de se pencher sur des questions de tout ordre, même religieux. Péliguon fut consterné d’apprendre que la mort des habitants de Lectoris, au lieu de donner un second souffle à cet idéal, ne fit que renforcer la superstition qu’il savait avoir été renforcée par l’Église. Il ne se doutait pas que sa propre mort aboutirait au paroxysme de ce phénomène.

L’originalité de Péliguon fut de tenter de comprendre, clarifier, mettre en pratique et d’extrapoler les enseignements tirés des œuvres de Pinclor. C’est pour cette raison qu’il arriva à Lectoris le 11 février 1501. Lorsqu’il vit cette cité abandonnée où vécurent de nombreux savants dont les membres de sa guilde, il fondit en larmes. « Le Grand Œuvre est là ! » aurait-il dit, nous a rapporté son disciple nommé Lavoulette. Ce dernier décrit aussi sa propre peur devant ces ruines envahies par les buissons, les arbres et toutes sortes de cris d’animaux. Pétrifié d’effroi, Lavoulette laissa Péliguon avancer, accompagné de ses deux seuls ânes qui tiraient ses affaires et refusaient de se frotter aux ronces. Alors Péliguon décida de tirer lui-même la carriole. La caisse qu’il déchargea, emplie de ses écrits, l’écrasa de tout son poids. Lavoulette propagea la nouvelle, ce qui mit fin à l’existence de la guilde des Copiste Lumineux.


Son œuvre

À Oxford, Péliguon étudia l’histoire de sa guilde et répertoria ses nombreux apports directs ou indirects aux mondes des lettres, surtout avant l'hécatombe de 1233. Ensuite, sous l’effet des persécutions inquisitoriales, la guilde périclita malgré de grandes figures. Peu de documents hormis ceux mêmes de la guilde y faisaient encore référence. Péliguon projetait de redonner à sa guilde un élan décisif qui ne pourrait plus être balayé par un drame unique. Il misait beaucoup sur l’opportunité de pouvoir correspondre régulièrement avec les différents derniers copistes lumineux. Son intention se voulait en deux temps. D’abord redonner vie à Lectoris afin de bien montrer le retour de la puissance organisatrice de la guilde et amener de nouveaux adeptes. Et en second, développer les échanges entre les différents copistes et ne plus mettre Lectoris au centre. Chaque copiste deviendrait une partie d’un tout, et si l’un d’eux cessait de jouer son rôle pour une raison ou pour une autre, l’édifice y résisterait sans dommage. Le copiste défectueux serait vite remplacé au même endroit ou ailleurs.

Péliguon voulait aussi créer une science des parchemins et de leur classement malgré leur dispersion. Il nommait cette science l’ordopergaminutie. Il voulait que le moindre texte soit répertorié et que chaque membre de la guilde sache où en trouver un exemplaire, s’il était possible et nécessaire d’en faire une copie, à quel prix et en combien de temps. Il clarifia les nombreuses remarques du Haut Maître Valechon cachées sous un flux constant de tournures ennuyeuses et inutiles.

Un autre problème auquel s’attaqua Péliguon, au moins de façon théorique, fut le rapport des parchemins à l’argent. Il théorisa sur l’éventuelle nécessité et l’utilité de rémunérer les copistes afin de mieux les convaincre alors que le nombre d’adeptes de sa guilde diminuait d’années en années. Il interrogea de nombreux copistes afin de connaître leurs motivations. Il conclut qu’il serait judicieux de leur payer les frais liés à l’acquisition de parchemins de qualité car beaucoup de ceux qui passaient entre ses mains n’étaient que des palimpsestes dont certains étaient si usés qu’ils devenaient illisibles. La qualité de l’encre était aussi en jeu. Le transport posait parfois problème mais Péliguon ne pouvait souffrir des délais d’acheminement qui se comptaient parfois en années. Toujours dans un souci de qualité, il se questionnait également sur la rétribution des heures nécessaires aux copistes. Mais avec quel argent ? Les dons et la lecta (sorte de contribution imposée à chaque membre de la guilde des Copiste Lumineux au prorata de l’aisance de chacun, instaurée en 1258 par Jacques Galustre lors de la promulgation de la charte de la Grande Connivence) ne pouvaient suffire. D’autant plus que pour Péliguon comme pour ses prédécesseurs, Lectoris devait demeurer la priorité.

C'est cette inventivité qui lui permit, en succédant à Astermille, d’accéder au grade de Haut Maître en 1476 alors qu’il n’avait encore que 28 ans. Il devint donc le plus jeune Haut Maître de l’histoire de la guilde des Copistes Lumineux. Cela est dû, d’après certains historiens qui n’apprécient ni la personnalité de Péliguon ni son œuvre, au déclin de la guilde, à son nombre très réduit d’adeptes et à l’influence d’Astermille qui le considérait comme son fils. Il est vrai que cette confrérie acquérait des traits de plus en plus monarchiques. Péliguon voulait lutter contre cette forme de dégénérescence mais à sa mort, il n’avait toujours pas résolu le problème de la meilleure gouvernance de la guilde. Il avait étudié les classiques grecs et romains ainsi que quelques rares documents phéniciens qui donnaient des informations sur les qualités des différents régimes politiques. Péliguon aurait voulu faire de la guilde et de Lectoris les exemples à suivre d’organisations utiles au vivre ensemble.

Le plus grand reproche fait à Péliguon de son vivant et jusqu’à nos jours fut son incapacité à prévoir les effets de l’imprimerie alors que lui-même avait publié plusieurs de ses œuvres à l’aide de cette nouvelle technique. Il est vrai que rien ne prouve qu’il fut l’instigateur de ces publications. Son disciple Lavoulette ne nous apprend rien sur ce sujet. D’après les plans dont il est l’auteur, il semblerait que Péliguon n’envisageait pas la création d’une imprimerie au sein de Lectoris. Peut-être que ce n’est pas sa mort qui mit fin à l’utopie effleurée par la guilde des Copistes Lumineux mais plutôt un manque d’innovations en profondeur. Il est vrai que parmi les dizaines de milliers de copistes que compta la confrérie au fil des ans, aucun ne prit la peine d’essayer d’améliorer la qualité et la quantité des copies à l'aide de nouvelles techniques. Malgré de si grands talents, personne n’eut la présence d’esprit de créer cette machine révolutionnaire alors qu'il est évident que dès le XIIIe siècle certains membres qui partaient dans des contrées éloignées au péril de leur vie ont dû prendre connaissance de l’existence de la xylographie asiatique.


auteurs : Desman, Fuligineuse


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samedi 10 mars 2007

Histoire de Jilleil

Jilleil (Diarmid Jilleil Cennsalach, dit Jilleil), né en Irlande vers 1140, était originaire de Kildare. Ce moine formé au métier de copiste jeta son froc aux orties et décida de quitter son pays quand, après l'invasion de l'Irlande par les Normands en 1169, le roi d'Angleterre Henry II étendit son pouvoir à l'île. Jilleil passa dans des conditions inconnues d'Irlande en Angleterre et de là en France où il s'établit finalement à Laon. Il semble que son idée initiale aurait été d'aller jusqu'en Italie et on ne sait pas pourquoi il s'arrêta à Laon. (Certains ont avancé que le frais minois de la fille de l'aubergiste de Laon, Perrette Dubuisson, y était pour quelque chose.)

Très habile aux travaux de copie et d'enluminure, Jilleil devint vite une référence dans la région et avec quelques autres copistes, notamment Dolate, un autre moine défroqué, et Obbyz, un personnage étrange, mystérieux, qui venait du royaume de Bohême, il fonda la Guilde des Copistes Lumineux et en devint le premier Haut Maître, quoique ce nom ne fût pas encore usité. On ne dispose pas de portrait de Jilleil, mais on sait qu'il était grand et fort, évidemment roux et grand buveur de cervoise. Il vécut très âgé, sans cesser d'exercer son métier de copiste, et mourut vers 1240. Au moment de sa mort, les membres de la Guilde pensaient déjà à élaborer la Grande Connivence, charte qui leur donna tous les pouvoirs dans la ville de Lectoris. Cette charte devait être finalement mise en oeuvre par Jacques Galustre.


Auteur : Fuligineuse


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Paulinius Zénoble Péliguon (version 1.2)

(février 1448 – 11 février 1501)

Né à Gravelines près de Calais, cet humaniste athée fut le dernier membre important de la guilde des Copistes Lumineux. Il était issu d’une famille de pêcheurs. Malgré son absence de foi, son père lui ordonna d’utiliser au mieux sa curiosité d’esprit et sa grande mémoire. À contrecoeur, préférant rester auprès de sa mère, il devint moine à l’abbaye de Saint-Riquier. Il y resta jusqu’en 1473, date de la construction d’un palais abbatial qui symbolisait à ses yeux l’opulence infertile des abbés et des moines plus centrés sur leur confort que sur l’érudition. Il alla rendre visite à sa mère qu’il n’avait pas vue depuis des années. Elle avait tant vieilli qu’il ne la reconnut pas au premier coup d’œil. Le connaissant par cœur, elle lui fit promettre de conserver son petit air moqueur et sa soif de savoir. Elle lui donna une bourse bien remplie afin qu’il aille étudier à l’université de Paris. Il préféra Oxford, où il arriva en 1474.

Péliguon a entamé une œuvre à jamais inachevée qui se voulait la description la plus fidèle possible de Lectoris, une ville d’environ dix mille habitants dont il a commencé à détailler l’histoire familiale de ses principaux représentants et figures marquantes. Il ressort de ses écrits que cette ville qui aurait voulu être la capitale du royaume de France et, par son érudition, briller et rendre la vie plus facile au-delà de ses murs. Officiellement une épidémie locale d'ergotisme décima sa population, ne laissant personne de vivant en les murs de la ville. Paulinius Zénoble Péliguon était un des rares à accorder crédit à cette thèse qu’il étaya jusqu’à sa mort, alors que la plupart des savants de l’époque, sous l’influence de Guillaume Budé, affirmèrent qu’il s’agissait d’un empoisonnement de grande envergure. Cette théorie du complot horripilait Péliguon qui allait à contre-courant en contredisant Budé et même Érasme sur la symbolique des œuvres de Pinclor.

Péliguon considérait Pinclor comme un auteur majeur de l’Antiquité. Il dénichait le moindre écrit portant le nom de ce polygraphe grec. Ainsi tout ce que nous savons aujourd’hui de Pinclor, nous le devons aux ouvrages que Péliguon a publiés de son vivant. Ce dernier mourut bien avant ses contradicteurs leur laissant la possibilité d’imposer leurs suppositions à l’ensemble des érudits de l’époque et jusqu’à nos jours. En 1503 sa seule et unique fille, Zénobie, mourut et perdit une grande partie des écrits de son père, notamment les ouvrages que celui-ci avait collationnés, alors qu’elle traversait la Manche dans le but d’éduquer Henri VIII, héritier du trône d’Angleterre.

À partir des quelques textes de Péliguon qui nous sont parvenus, le comte d'origine polonaise Wojciech Leokadich, qui avait racheté en 1889 l'essentiel des bâtiments restants sur le site abandonné de Lectoris, établit des plans détaillés pour reconstruire la ville et lui redonner sa splendeur passée. Il s'est appuyé notamment sur le mémoire intitulé Description fidèle et complète de la grande et noble cité de Lectoris en Thiérache pour servir à l'éducation des peuples à venir, que Péliguon écrivit vers 1498. À son tour le fils de Wojciech Leokadich, Pierre-Antoine (1907-1977), étudia l'oeuvre de Péliguon mais sur un plan littéraire et politique, voulant faire ressortir le caractère progressiste de ce texte et voir en Péliguon un précurseur des utopistes sociaux du 19e siècle.

Péliguon, comme ses prédécesseurs au sein de la guilde des Copiste Lumineux, voyait en Lectoris la ville d’où aurait dû et pu jaillir un bien-être futur. Cette concentration d’érudits résidant sur place ou de passage permettait un brassage des cultures et permettait de se pencher sur des questions de tout ordre, même religieux. Péliguon fut consterné d’apprendre que la mort des habitants de Lectoris, au lieu de donner un second souffle à cet idéal, ne fit que renforcer la superstition qu’il savait avoir été renforcée par l’Église. Il ne se doutait pas que sa propre mort aboutirait au paroxysme de ce phénomène.

L’originalité de Péliguon fut de tenter de comprendre, clarifier, mettre en pratique et d’extrapoler les enseignements tirés des œuvres de Pinclor. C’est pour cette raison qu’il arriva à Lectoris le 11 février 1501. Lorsqu’il vit cette cité abandonnée où vécurent de nombreux savants dont les membres de sa guilde, il fondit en larmes. « Le Grand Œuvre est là ! » aurait-il dit, nous a rapporté son disciple nommé Lavoulette. Ce dernier décrit aussi sa propre peur devant ces ruines envahies par les buissons, les arbres et toutes sortes de cris d’animaux. Pétrifié d’effroi, Lavoulette laissa Péliguon avancer, accompagné de ses deux seuls ânes qui tiraient ses affaires et refusaient de se frotter aux ronces. Alors Péliguon décida de tirer lui-même la carriole. La caisse qu’il déchargea, emplie de ses écrits, l’écrasa de tout son poids. Lavoulette propagea la nouvelle, ce qui mit fin à l’existence de la guilde des Copiste Lumineux.


Auteurs : Desman, Fuligineuse


Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons (Paternité - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France)


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